Les aventures nautiques

Les escapades

 

 

 

Une escapade diguoise de deux jours avait des airs de paradis. Jusqu’au bout, les bus de Mahé nous auront fait stresser. Il ne suffit plus de se lever plus tôt car ils ne passent pas avant 7h. Or, nous devions nous présenter à 7h pour l’embarquement. Fort heureusement, nous avions une marge d’une demi-heure avant de vraiment larguer les amarres.

 

Ce weekend a été une véritable reconnexion avec la nature. Un petit bateau nous a amené près de Coco Island et Félicité Island. Armés de palmes, masques et tubas, nous avons plongé pour observer l’incroyable faune sous-marine. Je dis incroyable et je sais bien que les plongeurs expérimentés trouveraient cet adjectif un peu démesuré mais pour moi, c’était vraiment le paradis. Nous avons croisé au moins cinq tortues qui venaient presque nous voir, des poissons de toute sorte, une raie, deux petits requins pointes noires. Sur le bateau, nous avons vu six dauphins doucement glisser sur l’eau. Le moniteur s’était écarté un moment et il était parti chercher des pieuvres. J’étais fascinée par la couleur de ses ventouses ; une sorte de fluo qui s’est atténué.

 

Cette immersion dans ce monde est incroyablement apaisante et encore une fois, je trouve qu’il remet l’humain à une place plus humble, du moins, celle qu’il devrait prendre de temps à autre. Face au premier requin, j’avoue qu’une petite pointe d’adrénaline a fait circuler mon sang une première fois, sans que ce ne soit non plus une peur panique. En revanche, face au second, je n’ai pas ressenti de peur. Disons plutôt que j’étais observatrice. Il avait plus peur de moi que moi de lui. Nous étions en eau peu profonde avec des remous et je pense qu’il n’était pas à son aise.

 

Le jour d’après, j’ai gardé cette sensation d’harmonie et surtout de fascination. C’était tellement beau. Je n’avais pas envie de toucher les poissons, c’est bien la dernière chose qui me serait venu à l’esprit à ce moment. Etre simple spectatrice de ces mouvements de bancs de poissons, comme un voile qui se tend doucement au gré d’une brise, ces bancs d’autres poissons broutant des algues ou du corail, pareils à une nuée de papillons posée sur des fleurs, la lumière sur leurs écailles imitant le battement des ailes.

 

Cette beauté et cette paix m’ont longtemps enveloppée mais je reviens _hélas_ à mes réflexions sur l’impact de l’homme sur la nature. Comment peut-on vouloir du mal à ces créatures ? Je ne parle pas de ne plus jamais pêcher de poissons, de manger de pieuvres mais bien d’orchestrer de macabres pêches industrielles, de racler les fonds, de pollution des mers et des coraux. Qu’est-ce que ça nous coûte de penser au partage de ces visions enchantées pour les générations futures ?

 

Une autre escapade au parc marin de Saint-Anne a également été une bonne expérience. C’était très différent car nous étions sur un très gros catamaran avec près de 50 personnes. Non pas que le nombre me dérange (bien que certains prennent tout leur temps et s’égarent là où ne pourrait pas s’égarer) mais plutôt l’attitude de certains. En tant que résidents, nous bénéficions de tarifs abordables pour ce genre d’expérience mais ceux qui payent plein pot ne sont pas à plaindre dans la vie. D’où certaines attitudes qui m’échappent totalement.

 

Nous avions un buffet à disposition le midi. Je n’ai pas compris un monsieur à la table d’à côté qui vidait ses « déchets » (des éléments tout à fait comestibles à mon avis) pour aller se resservir…exactement la même chose ! A cette table, leurs « déchets » formaient une petite colline dans une assiette supplémentaire qu’ils avaient prévue à cet effet. J’ai du me retourner et essayer de calmer ma colère en regardant les magnifiques îles qui nous entouraient…

 

Pour revenir à des choses plus positives que moi voulant jeter certaines personnes par-dessus bord, nous avons vu une paisible raie et nous l’avons suivie quelques temps, à bonne distance pour ne pas l’effrayer. Nous avons aussi vu des poissons que nous n’avions pas vus ailleurs.

 

 

 

La Chasse au Trésor et la Francophonie

 

 

 

Les élèves du Club de Français du Secondaire ont participé à la Chasse au Trésor organisée par l’Alliance Française des Seychelles à l’occasion de la Fête de la Francophonie et de la Semaine de la langue française. Nous avions un petit peu préparé le terrain en classe en pensant au vocabulaire autour la chasse au trésor, autour de l’orientation. J’ai un peu regardé l’Histoire française des Seychelles et essayé d’identifier les lieux français à Victoria. C’est une Histoire très riche. « Pirates des Caraïbes » n’a rien à envier aux Seychelles…

 

Dommage que l’Histoire locale ne soit pas plus mise en avant dans les programmes scolaires…

 

Cette chasse a été un vrai plaisir, même si j’ai bien du perdre quelques litres d’eau à courir avec mes élèves dans une fournaise de début d’après-midi. Notre équipe, « les Scorpions », a résolu des énigmes qui nous ont menées à la National Library pour voir la pierre de prise de possession des Seychelles, au buste de Pierre Poivre, au cimetière Bel-Air où sont enterrés pas mal de pirates parmi les premiers colons français mais aussi un géant ( !) et enfin à l’Ecole française. Je voulais les filmer pour qu’on ait de bons souvenirs mais ils filaient comme des lapins et je me concentrais davantage sur bien réfléchir aux dangers et ne pas perdre mes affaires. D’ailleurs, j’en avais même perdu ma carte de bus au passage…

 

A la fin, tout le monde était content d’avoir participé et se demandait surtout quand serait la prochaine. C’était une première pour l’Alliance et je pense que c’était un carton plein. Bien sûr, il y a eu quelques critiques (ce sont des français, ne l’oublions pas !) mais en général, tout le monde s’est bien amusé.

 

Pour la Francophonie, nous avons aussi fait une visite à la médiathèque de l’Alliance. Autant ça a été un peu difficile avec l’une de ces classes (des élèves très dissipés), autant l’autre classe a été exemplaire.

 

C’est agréable d’enseigner à des enfants qui veulent vraiment apprendre. Je suppose que c’est le rêve de tous les enseignants.

 

 

 

Prendre le large

 

 

 

Mes parents m’ont rendu visite à l’occasion de mes vacances et nous sommes allés ensemble en catamaran (voir article précédent) à Praslin et à la Digue.

 

Après être passés par le parc marin de Saint-Anne (entre les îles de Saint-Anne, Moyenne, Longue et au Cerf), nous avons fait route vers Praslin. La mer était calme et notre rythme doux. C’était beau de voir les différentes îles de loin. Je suis tombée amoureuse de la forme de l’île de Silhouette. Quelque chose de mystérieux m’attire sur cette île. Cette fascination vient sans doute du fait que je sais qu’il y a une marche à faire à travers la forêt primaire là-bas…

 

Nous avons jeté l’ancre dans la baie Saint-Anne à Praslin. La nuit a été douce.

 

Nous avons visité la fameuse Vallée de Mai classée au Patrimoine mondial de l’UNESCO. J’avais l’impression que nous étions des lilliputiens en promenade.

 

Nous avons repris la mer, laissant François rentrer sur Mahé pour travailler. Nous avons donc longé les côtes jusqu’à Anse Lazio. Nous sommes passés près de l’île Curieuse qui était magnifique avec ses eaux turquoise. Nous avons pris notre premier grain à ce moment. Mon père m’a parlé de la risée ; ce vent qui ride la surface de l’eau et qui annonce le grain, le désagrément des voiliers car il annonce des vents irréguliers.

 

 

 

Alerte à Malib… aux Seychelles

 

 

 

Nous avons jeté l’ancre dans l’anse Lazio vers 16 heures. Mon père et moi voulions nager un peu jusqu’à la plage. Nous devions être approximativement à 200 mètres de la rive. J’avais mes palmes et mon père celles de mon frère, des palmes de bodyboard, plus courtes que des vraies palmes. Il n’y avait pas vraiment de poissons. J’ai juste vu une tortue au fond à mon retour. Nous nagions au même rythme mais je voyais mon père se mettre sur le dos pour nager. Au bout d’un moment, il m’a dit d’aller chercher une bouée. Nous n’étions plus très loin du bateau. J’ai foncé pour demander à ma mère de détacher la bouée et je la lui ai apportée. J’avoue que j’ai eu peur qu’il fasse un malaise. Il s’est effectivement senti faible et a pris quelques minutes pour remonter sur le bateau. Il dit que je lui ai « sauvé la vie » mais je lui ai simplement tendu une bouée.

 

Ceci dit, on est maintenant quittes. Je le lui ai rappelé car il a oublié mais il m’a sauvé un jour. Je devais avoir 13 ou 14 ans lorsqu’il m’a rattrapé alors que je glissais dans un bassin d’eau douce à la Réunion, que la paroi était très glissante à cause des algues et que je ne pouvais plus parler à cause du choc thermique (l’eau de rivière était glacée et nous faisions une randonnée).

 

Nous avons eu de la chance car il y a déjà eu une attaque de requin mortelle en 2013 à Anse Lazio…

 

La nuit là-bas a été mouvementée. Il y avait beaucoup de vent et de pluie. Je suis montée sur le pont vers 23h et nous voyions aussi les silhouettes des autres navigateurs sur les bateaux. C’était très beau à voir, ces ondes d’ébène en mouvement. De petites vaguelettes très serrées secouaient le bateau comme des milliers de petites mains.

 

Le lendemain matin, nous avons vu des raies mora. Mon père et le capitaine pensaient qu’elles avaient un requin à proximité car il est vrai qu’elles sont souvent collées à eux. Mais par la suite, nous les avons vu collées à la coque du bateau. Nous étions le requin !

 

Le lendemain, nous avons mis le cap sur la Digue en passant par le nord de Curieuse. Nous avons jeté l’ancre près de Grand Anse. La nuit a été plus paisible, malgré de nombreux éclairs et un peu d’orage.

 

Le jour d’après, nous sommes allés faire un tour à terre. Nous avons pris le canot. Nous voyions tout de même quelques vagues sur la plage mais nous y sommes allés. L’accostage s’est bien passé, nous avons tiré le canot assez haut sur la plage pour que la mer ne l’emporte pas. La mer était plutôt calme.

 

Nous avons marché de Grand Anse à la Passe puis sommes revenus en taxi. Il devait être 16 heures. J’avais très chaud et je me suis baignée dans ces eaux claires. Il y avait quelques vagues mais rien de bien dramatique. En revanche, elles avaient un drôle de mouvement que j’avais déjà vu à la Réunion. Elles se brisaient une première fois vers la rive puis une sorte de seconde vague retournait vers la mer.

 

Puis il fut l’heure de remettre le canot à la mer pour rentrer. Nous savions qu’il fallait attendre le bon moment et pousser le plus fort possible. Mais le gabarit de ma mère n’est pas celui d’une armoire normande et se rapproche plus de celui d’une hobbit famélique, sans compter le mien, qui est celui d’une allumette. Mon père et le capitaine avaient plus de force mais les vagues étaient plus fortes. Dans un spectaculaire flop, le canot a pris l’eau, sans se retourner mais un jeune français, témoin de nos difficultés, est venu aider à pousser le canot afin qu’il puisse passer la ligne des vagues. Quand je repense à ce jeune homme, si discret, ne demandant rien, je lui suis très reconnaissante, à cette catégorie de personnes en voie de disparition : les gens humbles et serviables. Mon père était seul avec une unique rame sur le canot et s’éloignait des vagues pour ne pas être ramené à son point de départ. J’avais pris un bon bouillon dans les vagues en voulant pousser le canot. Ce jour-là, j’avais mes lunettes, dont je venais de donner le prix conséquent (eh oui, hélas, ma correction n’est pas assez importante pour être totalement prise en charge alors que c’est un vrai handicap pour moi de ne pas avoir de lentilles ou lunettes). J’ai eu très peur de les perdre dans les vagues car les choses auraient franchement tournées au vinaigre pour moi. Fort heureusement, j’ai eu le réflexe de les rattraper.

 

Je voulais rejoindre mon père avec la seconde rame à la nage car le moteur était noyé mais ma mère et le capitaine trouvaient cette initiative trop dangereuse. Je craignais franchement que mon père ait un souci de santé. Je voyais qu’il ramait, que c’était tout de même un sacré effort (car tirer le canot de la mer à la plage et vice versa et marcher). Je m’inquiétais aussi par rapport à la veille.

 

Il a donc ramé les quelques 200 mètres qui nous séparaient de la plage et a réussi à aller sur le catamaran. Encore une fois, je me disais qu’il fallait que je nage jusqu’au bateau. La mer était calme et l’eau claire. Puis la lumière commençait à faiblir et je ne voulais pas tenter le diable. Nous n’avions aucun moyen de communiquer avec lui. Les vacanciers nous regardaient et certains nous prenaient en photo ou filmaient selon le capitaine.

 

Mon père a repris le canot et voulait revenir nous chercher. Nous étions tous d’accord que c’était trop dangereux et que franchir à nouveau la ligne de vagues n’était pas une bonne idée. Nous essayions de le prévenir mais il n’entendait rien car trop loin. Au bout d’un moment, contre le gré de ma mère et du capitaine, je suis partie le rejoindre à la nage. Je ne pouvais pas le laisser ramer seul. Ma mère et le capitaine avaient peur de nager.

 

Lunettes juchées sur le nez, j’ai nagé, pas trop vite pour ne pas me fatiguer mais tout de même assez pour avancer car je ne savais pas dans quel état il se trouvait. Je suis montée à bord du canot et j’ai ramé pour que nous retournions vers le cata, un peu contre le gré de mon père. Une fois à bord, nous avons essayé de contacter un cata dans l’anse voisine, Petite Anse. Nous avions mis le talkie sur la fréquence d’urgence, le canal 16. En français, en anglais. Rien du tout.

 

J’ai demandé à mon père quels étaient les signes à faire, les choses à savoir lorsqu’il y a un problème à bord. Il m’a montré les signes à faire aux bateaux. Je les ai fait en direction de ce cata. Rien du tout.

 

J’ai fini par prendre mon téléphone portable, qui est résistant à l’eau et qui vient de faire ses preuves quelques minutes plus tôt. J’ai appelé le chauffeur de taxi que nous avions pris dans l’après-midi. Son numéro était sur un petit bout de papier qui avait échappé au tumulte du passage de vagues. J’ai expliqué la situation en français, puis il m’a passé quelqu’un d’autre, donc j’ai expliqué en anglais. Puis j’ai passé le combiné à mon père qui explique la situation en créol mauricien…en vain.

 

Avec le recul, je me dis que j’ai de la chance de parler au moins trois langues. Ca aurait été moins facile si j’avais été une pure russophone par exemple…

 

J’ai bien essayé de dissuader mon père de repartir vers la plage à la rame, en vain… J’ai continué de faire des gestes vers le cata de Petite Anse et je suis sûre qu’ils m’ont vu car j’ai vu un canot aborder vers eux. Aucune réponse. Je me dis à ce moment, qu’heureusement que je n’ai pas quelqu’un qui fait une crise cardiaque ou qui a été mordu par un requin à bord. La non-assistance à personne en danger n’aura donc pas à être mise sur le tapis devant des instances.

 

Un bateau de pêche avec des touristes apparaît finalement. Il répond à mes signes et s’approche de moi. Je leur explique la situation. Ils ont fini par aller voir mon père et l’ont remorqué jusqu’au cata car nos deux membres d’équipage avaient disparu de la plage.

 

Nous ne savions plus vraiment quoi faire.

 

Puis une barque de pêcheurs s’est avancée vers nous et à son bord…ma mère et le capitaine ! Le capitaine avait négocié un trajet avec eux sur la plage. Les pêcheurs nous préviennent de ne pas rester à cet endroit car il peut être dangereux. Nous restons à Petite Anse pour la nuit.

 

Par la suite, un contact à l’ambassade de France m’a dit que cette plage est réputée être la plus dangereuse de l’île en raison des vagues…

 

 

 

La douceur des vacances

 

 

 

Malgré ces aventures, je ne boude pas mes vacances et le repos que j’y gagne. Je connais enfin la joie des grasses matinées et les escapades à la plage. J’ai pu y admirer un ballet de raies ; elles sautaient en l’air et retombaient à plat. Selon les scientifiques, ce serait une pirouette pour épater les femelles mais rien n’est sûr…

 

 

 

L’avenir de l’enseignement du français aux Seychelles

 

 

 

J’ai eu la chance d’assister au premier rassemblement sur l’enseignement de la langue française aux Seychelles à l’Université des Seychelles. Une prestation théâtrale de quelques élèves de l’Ecole française (un extrait d’une pièce de Courteline) a réactivé une nostalgie des planches. J’aimerais tellement connaître à nouveau le frisson de la scène.

 

Enseigner le français n’est pas chose facile aux Seychelles. La langue semble avoir peu d’attrait auprès des élèves et est même parfois crainte. Les seychellois ont peur de faire des fautes lorsqu’ils s’expriment en français. Les enseignants savent qu’ils ont besoin de renfort en termes de formation. Peut-être a –t-elle été associée à l’enseignement parfois rigide de l’Eglise. De plus, le pays s’est tourné davantage vers l’anglais avec le Commonwealth…

 

Cependant, le créol seselwa possède une base française très importante. Bien que des mots anglais s’y glissent, la syntaxe reste clairement française ou proche.

 

 

 

Les couleurs seychelloises

 

 

 

J’avais une discussion très intéressante avec un mauricien installé ici. Il m’a expliqué que les mots pour désigner les couleurs ne sont pas les mêmes en seselwa. Je suis restée très perplexe lorsqu’il a appelé une seychelloise pour attester de ce différent point de vue chromique.

 

Il a d’abord montré un banc gris et lui a demandé de quelle couleur il était. Elle a répondu : « Cend » (cendres, ce qui fait encore sens). Puis un petit sac en cuir marron et elle a répondu « gris » (là par contre, j’étais perdue) et enfin, pour la couleur de peau d’une métisse (moi par exemple), « rouz ». Mais le plus intriguant dans l’histoire est que lorsque les seychellois parlent anglais, les couleurs sont les mêmes qu’en anglais et français.

 

Du coup, je vais bien vérifier auprès de mes élèves créolophones que les couleurs soient bien comprises.

 

 

 

Lectures

 

 

 

J’ai lu « Ombre et soleil » d’Åke Edwardson. Il était assez sombre donc j’ai demandé à ma bibliothécaire préférée une recommandation. Du coup, j’ai lu « Le fémur de Rimbaud » de Franz Bartelt.

 

J’ai surtout lu une série de bandes dessinées sur les cathares, « Le Dernier Cathare » qui vaut le détour.

 

Je suis allée faire un tour à la National Library (la Bibliothèque Nationale) et j’ai été surprise de trouver un très beau fond français. J’ai emprunté « Poulet-bicyclette et Cie » de Florent Couao-Zotti. Ils ont beaucoup d’auteurs africains francophones. Ca me rappelle une affiche concernant le prix Jeune écrivain francophone ou quelque chose comme ça à l’Alliance française. J’y avais vu que si les chiffres étaient très bas dans beaucoup de pays (rarement un nombre à deux chiffres), il était de 44 participants au Bénin !

 

Les locaux de la bibliothèque viennent d’être rénovés et sont très agréables. L’inscription est gratuite.

 

 

 

Renouvellement

 

 

 

Mon contrat avec le Département de la Réunion a été renouvelé et j’en suis très heureuse. Je poursuis l’aventure pour une année supplémentaire aux Seychelles !

 

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La chasse au trésor

La vie s’écoule toujours paisiblement ici, aux Seychelles. Je profite toujours du climat tropical, j’ai la chance d’avoir un travail. C’est bientôt la Semaine de la langue française et la Fête de la Francophonie. L’Alliance française des Seychelles va organiser une Chasse au Trésor et je suis très contente d’emmener mes élèves du club de français du secondaire. Ils sont très excités et j’avoue que moi aussi. L’Alliance organise aussi des activités pour la Fête de la Francophonie le 20 mars. J’espère que mes élèves iront à cette fête après les cours…

 

La locomotive lancée à toute vapeur

 

Je suis toujours prise dans un rythme de travail soutenu. Gérer les niveaux primaires et secondaires n’est pas facile ; j’ai l’impression de ne pas pouvoir me concentrer assez sur l’un ou l’autre. J’ai l’impression de ne pas avoir assez de temps et de recul pour faire face à tout. J’avoue que les primaires peuvent parfois être éreintants. Non pas que toutes les classes de secondaire soient des anges mais je les trouve plus faciles à contenir.

Je reste admirative de mes collègues qui, à mon sens, ont énormément de mérite.

 

Questionnement

 

Avec la fatigue et l’impression de ne plus avoir de prise sur le temps, les sempiternelles questions concernant mes choix et ma vie hors du commun reviennent comme des moustiques. Je sais que je ne devrais pas aussi facilement tomber dans le piège. J’ai eu la grande chance de tomber sur des personnes qui m’avaient soulagée de ces pressions de la société occidentale. Ces personnes sont elles-mêmes occidentales mais ont un point de vue inédit su la vie. Il y a d’ailleurs trop longtemps que je ne les ai pas vus, ce qui explique peut-être mon fléchissement. Mais malgré tout, je suis issue de ce monde et il est difficile de totalement larguer les amarres. Puis je dois faire avec des regards qui ne vont pas contre…

J’ai l’impression qu’une fatigue psychologique brouille mes sens et les doutes m’assaillent : ai-je fait les bons choix ? pourquoi est-ce que je ne réussis pas (qu’est-ce que la réussite) ? qu’est-ce que j’aime dans le fond ?

L’impact de l’agression à Madagascar a peut-être été minimisé, le deuil de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande n’est pas encore passé…

Mais je trouve un certain réconfort à lire le site Retourenfrance.fr, notamment sur la vie professionnelle et l’identité.

 

Etrange pratique

 

Il y a tout de même quelque chose qui me choque lorsque je marche tous les matins pour aller à l’école. Je vois souvent des camions, petits et gros, chargés de travailleurs entassés comme du bétail dans des bennes ouvertes. Je ne suis pas sûre qu’on se soucie vraiment de ces personnes si un accident arrivait.

Une seychelloise m’a dit que c’était assez courant de voir des gens à l’arrière des camions mais juste quelques personnes, généralement de la famille ou des amis.

Mais là, tous, généralement indiens, se tiennent droits comme des piquets et semblent parfois être une vingtaine.

 

L’appel de la mer

 

Mon père est venu me rendre visite. Il est co-équipier sur un catamaran qui a traversé l’océan indien. Ils sont partis de Thaïlande et ont rejoint les Seychelles via le Sri-Lanka où ils se sont brièvement arrêtés. J’ai eu la chance de monter à bord et c’est vrai que ça fait rêver ! Mon père a été marin dans la marine marchande une partie de sa vie et il a voulu reprendre la mer.

J’avoue que c’est tentant cette vie sur un bateau. Bien sûr, il y a le prix du bateau, son entretien, sa subsistance à organiser mais ça doit être une sacrée sensation d’aborder une île, de voir les oiseaux en mer et surtout, de voir le plancton lumineux la nuit. Mon père m’a parlé de ce phénomène qu’il a pu voir et ça a l’air magique. Autant que les lucioles dans les grottes en Tasmanie…

Je comprends son envie d’affronter les éléments. Ce doit être une sensation incroyable de faire un avec la mer. Car dans les tempêtes tout comme lorsque le bateau glisse sur l’eau quand il fait beau, nous ne sommes qu’une coquille de noix, une petite goutte de cet océan…

 

Le lien malgache

 

J’ai quelques nouvelles de Madagascar de temps à autre et l’une d’entre elles m’a vraiment mis du baume au cœur. J’ai formé des stagiaires au Centre de Presse Malagasy lorsque j’étais à Antananarivo. Récemment, l’une d’entre eux m’a écrit pour m’annoncer une très bonne nouvelle ; elle a eu son master avec une mention très bien et les félicitations du jury ! Je suis tellement heureuse pour elle ! C’est une travailleuse, une personne dévouée, qui mérite ce succès. Future entrepreneuse malgache, je lui souhaite le meilleur pour sa carrière.

Elle m’a remercié pour les conseils et soutiens prodigués pendant cette période mais je n’y suis pas pour grand-chose. Je partage simplement sa joie !

En revanche, le cyclone Enowa qui est passé sur la Grande Ile et a fait beaucoup de dégâts… Hélas, dans l’océan Indien, tous les cyclones terminent leurs courses sur Madagascar.

 

Lectures

 

Mon rythme de lecture s’est un peu ralenti et les supports ont un peu varié ces temps-ci. Je suis revenu aux bandes dessinées, mon pêché mignon. J’ai découvert une belle collection sur la guerre 14-18, simplement intitulée « 1914-1918 » et un bel album sur le vaudou et autres sorts, « Charmes fous ».

J’ai aussi lu « Une tortue se rappelle… » d’Antoine Abel, une très belle fable écologique avant-gardiste (récit écrit en 1975 !). J’entame « Dans les bois éternels » de Fred Vargas.

 

Nos amis les poissons

 

Nous avons fait un tour dans le Sud du côté d’Anse Intendance (mer démontée, beaucoup de courant, impraticable) et nous avons nagé à Anse Royale. Cette fois-ci, nous avons observé les fonds en fin d’après-midi. D’habitude, nous y allons entre 10h et 14h. En fin de journée, je pense que nous ne voyons pas la même population de poissons. J’ai vu des hippocampes. Ils ne sont pas si faciles que ça à voir car ils sont totalement allongés lorsqu’ils nagent.

Mon compagnon a eu la chance de voir une raie.

 

J’étais sur la plage à surveiller nos affaires à ce moment-là et j’avoue que j’étais surtout préoccupée par des conducteurs de jet-ski qui ne se souciant guère des baigneurs. 

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Saison des pluies

Nous avons encore eu de longs épisodes pluvieux. Ces précipitations mènent la vie dure aux chaussures. L’une de mes paires s’est tout simplement déchirée. Les colles se délitent avec la chaleur et l’humidité porte le coup de grâce aux sandales de cuir.

 

Dans le bus, lorsque vous faites partie de ceux qui restent debout, on prend vos sacs ou paquets dans un silence absolu. Au début, forcément, nos craintes d’être volé nous font écarquiller les mirettes. Mais le bien restitué, toujours dans le silence, nous apprend qu’il faut faire confiance. Cette étrange transaction se fait sans bruit mais aussi sans regard.

Les bus acceptent les passagers debout et il peut vous arriver de faire de longs trajets ainsi. Il faut vraiment s’accrocher fermement dès le début (le chauffeur ne vous accordant qu’une poignée de secondes pour vous cramponner avant de démarrer en trombe) ; j’ai tout de même failli me déboîter une épaule dans un virage récemment… !

 

La joie des élèves est appréciable. Au fond, peut-on être heureux seul ? Le bonheur est déjà contenu dans le partage.

En revanche, j’ai été très déçue par l’attitude de certains lors de la projection de vidéos montrant l’intérêt d’apprendre le français. Je ne devrais pas mais je l’ai un peu pris personnellement. Ce n’est pas mon côté patriote qui a été blessé (quoique…) mais c’était simplement navrant de constater que certains seychellois ne réalisent pas qu’ils dénigrent une partie d’eux-mêmes. Ils ne sont pas conscients qu’ils sont plus français qu’ils ne le pensent, que leur Histoire et leur patrimoine génétique est français.

 

Lectures

 

J’ai achevé « La lumière qui s’éteint » de Rudyard Kipling et c’était une agréable surprise. Bien que les récits de guerre ne me fascinent pas, ce roman s’est révélé bien plus que la simple aventure. J’ai pris ce livre, presqu’au hasard sur les étagères de la médiathèque de l’Alliance française. J’avais adoré lire « Le Livre de la Jungle » dans sa langue d’origine récemment. Je me disais donc qu’un autre Kipling serait une prise de risques minime.

Je ne m’attendais pas à croiser à nouveau une thématique qui me suit depuis quelques temps maintenant et qui est liée à mes craintes les plus profondes.

Je ne croyais pas au destin étant plus jeune. Je refusais catégoriquement que « les choses soient écrites ». Mais les coïncidences se multipliant, j’ai revu ma position. Sans que croire que le chemin soit tracé et qu’aucune sortie de route ne soit permise, je m’étonne d’avoir regardé « Dancer in the Dark » (magnifique film de Lars Von Trier avec Bjork) et « The Lobster » et que le thème commun de la cécité se développe à chaque fois. Tout comme dans l’excellente chanson ‘’Porcelina of the Vast Oceans’’ des Smashing Pumpkins, l’une de mes chansons préférées.

Avec « La lumière qui s’éteint » (un correspondant de guerre-peintre qui perd la vue subitement), je finis par craindre de trouver les indices d’une évidence.

Je n’ai pas consulté depuis un moment et le risque est toujours là. Je redoute terriblement cette nuit éternelle. Depuis environ une petite dizaine d’années, cette épée de Damoclès menace de se décrocher. Mes rétines trouées et puis cautérisées pourraient bien lâcher un jour. J’étais d’abord paniquée à cette idée. Puis j’avais essayé de prendre du recul avec cet avertissement, de positiver. Ca avait transformé la sceptique mélancolique que j’étais en quelqu’un qui aime la vie et qui veut la goûter. Je souhaite toujours la goûter mais je sais ce que je pourrais perdre et ça me fait peur.

 

« Bettý » était un roman surprenant, confirmant la réputation des scandinaves et islandais dans le domaine du polar.

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Parfums du temps

Il est une mode étrange aux Seychelles ; celle du parfum. Quand je pense à l’Océan indien et au parfum, je pense à Mayotte que l’on surnomme l’ « île aux parfums » pour sa grande variété de fleurs et plantes aromatiques. Et c’est vrai qu’en me baladant dans la nature, la flore exhalait de douces effluves.

Ici, j’ai aimé les odeurs de végétation le long du sentier pour rejoindre Anse Major. Cette promenade serpente dans une jolie forêt tropicale et longe le bord de mer sur des falaises de granit, aux contours toujours ronds.

En revanche, plus près des humains, j’ai eu droit à plusieurs reprises à des agressions olfactives. Mes mots sont pesés ; comment qualifier autrement ce sillage de parfum éventé dont il ne reste plus que l’alcool fixateur ? Mon nez a été brûlé à plusieurs reprises le matin dans le bus et parfois même en pleine rue lorsque j’ai eu le malheur de me trouver dans un sillage éthérique. Il ne faut pourtant pas être professionnel de la parfumerie pour savoir qu’un parfum tourne avec la chaleur et qu’ici, elle est omniprésente. Je redoute d’ailleurs le pire car on me rappelle un peu tous les jours que le pire est à craindre, que la « vraie » chaleur commencera à arriver à partir du mois de mars. Et moi qui n’appréciais guère le contact de la peau moite de sueur de ma voisine le matin dans le bus…

En revanche et hélas, certains adeptes du spray ne savent pas que les parfums sont bourrés de perturbateurs endocriniens et que l’aspersion quotidienne pourrait bien faire pousser les seins de ces messieurs et activer la pousse capillaire du torse de ces dames…J’avais découvert cette information il y a fort longtemps, lorsque je travaillais en tant que journaliste pour le site internet de santé et de nutrition Santé la Vie. C’était une grande chance de travailler pour ce média libre ; nous échappions aux pressions des laboratoires et pouvions mener nos enquêtes tout à fait librement.

 

Le civisme

 

Toujours concernant le bus, j’aime observer le comportement des quidams et surtout, tester la valeur civique dans ce milieu. Autant j’avais connu la ruée sauvage parisienne, l’ordre australien, la politesse malgache, autant je déplore l’absence de civisme seychellois. On va sans doute trouver mes mots durs et pourrait-on aussi me reprocher d’avoir le verbe et le jugement faciles, moi l’étrangère débarquée il y a quelques semaines à peine (un petit mois et demi en vérité). Mais il reste qu’à deux reprises déjà, j’ai cédé ma place à des personnes âgées et que personne d’autre ne l’aurait fait. J’ai beaucoup de mal à supporter l’idée que ces personnes n’aient pas plus de considération. Mais je dois tout de même nuancer mon propos car à ma grande surprise, une dame était prête à me faire de la place pour que je m’asseye à côté d’elle hier. Dans les bus, il y a des banquettes pour 2 et pour 3 personnes. Généralement, les gens s’assoient là où ils veulent et ne bougent plus. On ne se pousse pas pour que la personne qui monte ensuite puisse s’assoir ; elle doit généralement soit rester debout, soit se débrouiller pour rejoindre sa place, quitte à provoquer des rencontres de genoux.

Inamovible a du sens ici.

L’absence de civisme est troublante ; des barquettes de polystyrène se retrouvent jetées juste à côté des poubelles et des déchets plastiques allègrement balancés par la fenêtre par des adolescents rentrant chez eux dans le bus de fin d’après-midi. Du coup, la pensée _ou absence de pensée_ de l’auteur de cette absurdité m’échappe totalement. Qui irait faire ses besoins à côté des toilettes ? Nous nous retrouvons souvent, mon compagnon et moi, à ramasser des emballages de gâteaux et autres déchets plastiques à la plage (dont les tortues s’étouffent car elles les prennent pour des méduses), à les garder avec nous jusqu’à la prochaine poubelle. La vue de ces détritus dans des endroits paradisiaques est un non-sens trop important. Comment souiller de pareils endroits ?

Cette révolte qui gronde chez moi n’est pas pour moi ; elle est pour les futures générations qui n’auront pas la chance de voir ce que je vois, de faire ce que je fais.

La première et la plus importante des étapes pour changer les choses reste le comportement et la responsabilité de chacun.

Mais enfin, pour tout, il y a la chose et son contraire. La gentillesse, la conscience, les gestes pour l’environnement de ma collègue me rappellent que tout n’est pas perdu. Cette pralinoise est une sacrée femme. Nous nous rejoignons sur le fait de créer le moins de déchets possibles et de donner deux ou plus vies aux objets. Son ingéniosité m’épate (elle a créé des pochettes en carton de boîte de céréales qu’on pourrait facilement trouver dans les boutiques bobos-branchouilles) et sa générosité me comble (elle me nourrit de corossols, mangues et autres délices).

 

Beauté sous-marine

 

Nos aventures sous-marines nous ont menés à voir des espèces de poissons incroyables. Tout le spectre de l’arc-en-ciel y est passé, les couleurs fluorescentes et plus profondes également. Nous avons nagé dans un véritable aquarium à quelques mètres à peine du rivage à Port Launay. C’était d’une beauté bouleversante. Un calme, un équilibre, avaient rempli tout mon être. Ces créatures évoluaient sans crainte, parfois même avec une certaine curiosité pour ce nouvel arrivant (moi). Et je repensais au « Chercheur d’or » de Le Clézio et à sa description de Saint-Brandon ; un endroit où les créatures ne craignaient pas l’homme, où elles venaient à eux. Et hélas, aux hommes profitant de cette situation pour massacrer des tortues…

Comment peut-on mettre fin à cette beauté ? Qui sommes-nous pour cela ? Sans aller à l’auto-flagellation ou à la perte de l’espèce humaine, n’existe-t-il pas un équilibre, a minima, un respect pour la Vie ?

J’ai récemment regardé un film comique grand public dont je tairais le nom. Cette comédie récente (2016) résumait bien l’air du temps ; ça chambre toutes les cinq minutes, c’est méchant entre amis et surtout, ça ne respecte rien. Elle posait pourtant des questions intéressantes sur le décalage entre argument marketing et valeurs prônées mais ça s’arrêtait là. Oui, le grand public n’est pas source de délectation intellectuelle, j’en conviens. Mais pourtant, sans tomber dans le « c’était mieux avant », les comédies étaient plus fines et surtout, porteuses de messages plus profonds, ne serait-ce que dans les années 80. Comment en sommes-nous arrivés là ? A une telle médiocrité, une telle bassesse, une telle pauvreté ?

 

…et beauté végétale

 

Bien que le civisme n’y soit pas toujours de rigueur, je dois admettre que le réseau de transports en commun seychellois est bien fait. Pour un prix unique (5 roupies), on peut aller du Nord au Sud et prendre des chemins grandioses. Ainsi, le trajet Victoria-Sans souci-Port Launay était magnifique. La chaleur écrasante de la côte nous abandonnait comme nous montions vers les hauteurs. J’aime pouvoir m’enfoncer dans cette nature luxuriante ici. Son accès est très rapide et ses sous-bois tropicaux permettent de trouver une oasis de fraîcheur. Cette route sinueuse est le départ de beaucoup de promenades que je compte bien faire lors de mon séjour ici. Les abords du Morne Blanc semblent magnifiques et ses reliefs et horizons verts me font penser aux aventures d’Indiana Jones.

 

La semeuse

 

Du coup, le même cheminement reprend dans ma tête, toujours et encore, pour lutter contre la fatalité. Bien sûr, je suis limitée ; en temps, en capacités, en tellement de choses. Mais la flamme de l’espérance est allumée. Et ma mission concernant l’éducation brille comme une étoile. Je ne vais pas changer le monde, j’essaie simplement de semer des graines. J’essaie de transmettre ce que je peux ; des citations, des auteurs, des titres de chansons, de films, de bandes dessinées… De constituer une petite « carte au trésor » pour ces élèves en soif d’apprendre, de découvrir, de pousser les limites.

 

Lectures

 

J’ai littéralement dévoré « Les yeux jaunes des crocodiles » de Katherine Pancol. J’avais lu tous les autres épisodes de cette série et il me manquait ce dernier épisode, soit le premier. Ce n’est pas la première fois que je prends une série de livres dans le désordre. J’avais commencé à avec le cycle des vampires d’Anne Rice, débutant ma rencontre avec cette auteure avec « Le voleur de corps » (et en anglais s’il vous plaît !).

J’ai pris « La lumière qui s’éteint » de Rudyard Kipling et « Bettý » d’Arnaldur Indridason.

Du « Jardin du Roy » de Philippe Le Gall, je retiens surtout « Le Garçon Boucher ».

 

Salutations pianistiques

 

 

Rejouer du piano a été aussi bénéfique que de faire _enfin !_ des longueurs à la piscine. D’abord impressionnée par le niveau sonore de ce jeu piano d’étude, j’ai abandonnée rapidement mes mains au clavier. C’est drôle de jouer de façon si itinérante. Les pianos sont comme les gens. D’abord, on fait connaissance ; je joue un peu pour savoir comment il va. Ils ne sont parfois pas tout jeunes ou pas en très bonne santé (voir mon article sur le piano de Prospect Road à Adélaïde). Puis, on commence à engager la conversation ; je prends plus de libertés et il sonne plus fort. Et enfin, on s’entend et l’harmonie me donne la chair de poule. J’aime les différences que j’ai trouvé dans chaque piano, même le plus désaccordé : leur trait de caractère. Ceux-là ont un charme désuet et pourraient même permettre un style à part, le piano bastringue. Je suis toujours triste de les quitter…comme une personne avec qui j’aurais eu une bonne conversation. Car ils m’inspirent tous de façon différente. C’est assez drôle. C’est comme si chacun d’eux avait une mélodie secrète qu’il ne livrait qu’à ceux qui jouent sur eux, sur ces pianos d’étude bien rangés et peu usités.

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Douceur tropicale

Les bus me rappellent celui d’Harry Potter, fonçant à toute allure. On peut encore voir ceux-là mais leur allure est impressionnante.

 

Choir Festival ou les voix des Seychelles

 

J’ai été bénévole sur le Choir Festival organisé par notre école, l’International Seychelles School. J’étais en charge de l’ouverture et de la fermeture du rideau, une sacrée responsabilité. J’ai donc eu la chance d’assister au spectacle depuis les coulisses. J’avoue que j’ai été enchantée par le National Choir of Seychelles. C’est drôle car des membres de la chorale me racontaient qu’ils étaient récemment partis à la Réunion et que la chorale réunionnaise était récemment venue aux Seychelles.

 

Descente à Baie Lazare

 

C’est vraiment paradisiaque. L’eau transparente, le sable fin, tout y était. Les weekends sont l’occasion d’aller à la plage et de profiter de la beauté des Seychelles. On se sent un peu en vacances pendant deux jours. Cette décompression permet une qualité de vie inestimable. Mon seul regret est de ne pas pouvoir découvrir l’île de Mahé à vélo ; il est hélas bien trop dangereux de prendre la route sur un deux-roues à cause des fous du volant et des routes étroites.

 

Lectures

 

Je viens d’achever « Le chercheur d’or » de Le Clézio et c’était un beau livre. L’évocation du massacre de tortues, qui, j’imagine, existe encore dans quelques endroits sur la planète, était un véritable crève-cœur.

Je me plonge maintenant dans « Le Jardin du Roy » de Philippe Le Gall, auteur breton d’origine qui a écrit sur les Seychelles. La première nouvelle est assez…déroutante.

 

La douceur de vivre

 

Je ne trouve pas qu’il y ait de petits plaisirs ici. Tout est plaisir. J’aime goûter la chair de la vieille (poisson local), une chair si fine…Sur le marché, je retrouve des fruits et légumes semblables à ceux de la Réunion : chouchous, brèdes, songe et autres bananes main. Les prix sont corrects et permettent de vivre décemment. Je repensais à mes années de disette parisienne, au fait que je ne pourrais plus jamais refaire machine arrière et accepter de vivre dans 10 m2 en comptant mes sous pour aller acheter de quoi faire des pâtes avec de la sauce tomate.

On ne peut pas dire que la vie soit non plus facile aux Seychelles. Comme partout, il faut travailler et l’économie seychelloise suit les fluctuations mondiales mais si on vit simplement, la vie est douce.

 

La saveur du quotidien

 

Les journées passent vite. Elles sont remplies certes mais j’ai l’impression que le sablier est encore plus présent ici. Ou alors, j’apprécie trop cette expérience et le bon temps passe vite, comme on dit. Car c’est vrai, j’aime tout. J’aime la quiétude du matin, le paysage qui défile dans le bus, l’horizon d’arbres à pain avec leurs feuilles découpées géantes, l’intérêt de mes élèves pour la phrase que j’ai écrite au tableau et que je n’ai pas expliquée (pour tester leur curiosité), la musique du kreol seselwa (qui a encore des zones d’ombre pour moi, même si je comprends globalement de quoi on parle). Le quotidien a une belle saveur ici pour moi…

 

Patchwork

 

Beaucoup de nationalités sont présentes sur les îles. Le monde entier est à portée de main. Ca me rappelle un très gentil couple qui nous avait accueillis à Auckland via AirBnB. Ils nous disaient qu’ils ne pouvaient plus voyager pour le moment et qu’avoir des hôtes du monde entier leur permettait de continuer à être connectés à toute la planète sans bouger. J’aimerais me tourner vers cette option le jour où j’arrêterais de bouger.

 

Faculté d’émerveillement

 

Je m’amuse donc à cacher quelques détails pour les élèves les plus curieux, laisser des indices aux plus rusés. J’avoue que j’ai toujours aimé ça, les secrets, les énigmes et les surprises. Ainsi, je m’étais amusée à emmener des compagnons vers des destinations inconnues, à cacher des petits mots dans des endroits insolites. J’essaie de rendre ce que la vie me donne souvent : de bonnes surprises. Bien sûr, j’ai eu des périodes de creux de vagues mais globalement, je suis reconnaissante envers le sort. Je ne suis pas à plaindre : je suis en bonne santé (je touche du bois), je fais des choses qui me plaisent ou pour lesquelles je trouve toujours un intérêt, je n’ai pas de gangs à mes trousses et de dettes astronomiques.

 

Mais surtout, ce petit chemin accompli jusqu’à présent ne m’a pas rendue aigrie ou blasée. Bien au contraire, je garde une capacité d’émerveillement intacte. Je retombe même sans cesse amoureuse, notamment de la langue française. Je l’ai toujours aimée mais la transmettre aujourd’hui me met dans une position où elle m’apparaît encore sous un nouveau jour.

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Nature bienveillante

Mahé est un véritable écrin de verdure, de nature luxuriante. J’ai eu la chance de faire une escapade au Jardin de l’Ambassadeur, Kot Man-Ya et c’était un vrai enchantement. Cet ancien ambassadeur des Seychelles (Paris et Etats-Unis) s’adonne à sa passion pour la nature depuis quelques années maintenant.

 

Rythme

 

On m’avait parlé de ce rythme plus lent aux Seychelles. Je ne dirais pas lent. Lent par rapport à quoi ? A quoi bon cette course effrénée occidentale ? Où va-t-elle ? Bien sûr qu’il y a des domaines où on ne peut pas se permettre un rythme trop « lent », tel que la santé par exemple. Mais en dehors de ces secteurs vitaux, pourquoi se précipiter vers _généralement_ un consumérisme dévorant ?

Oui, la vie est plus facile ici, avec le soleil, une terre fertile et des précipitations assez régulières. Mais même sous d’autres cieux, pourquoi avons-nous cassé ce lien pourtant évident avec la nature ?

 

Le géant bienveillant

 

J’étais chez une amie du côté de Beau Belle. J’aime bien cet endroit. Le temps est très variable et peut passer de la pluie au soleil et du soleil à la pluie en l’espace d’une dizaine de minutes. J’aime cet endroit car j’ai l’impression qu’une main invisible géante bienveillante caresse les feuilles des arbres comme on caresse les cheveux d’un enfant. Ce mouvement est très doux et les feuillages se balancent au ralenti. Ce mouvement me fascine. Tout comme le pan de forêt sombre accroché à la paroi d’une colline voisine. L’absence de cyclones dans la zone permet aux arbres de croître sans entraves et ils ont l’air géant.

La nature est tellement belle ici que j’aimerais la peindre…

 

L’amour du travail

 

Mon travail me plaît toujours autant et je sens que j’ai tellement de choses à développer, à commencer par moi-même. Je suis arrivée vite sur ce poste et je n’ai vraiment eu le temps de travailler sur le programme. Je prends l’année en cours de route et heureusement que je n’ai pas raté le début du second trimestre. J’ai l’impression que je ne vais pas avoir assez de temps pour construire correctement mes projets. Mais allons, pas de fatalisme ! Je travaille toujours en collaboration avec les enseignantes et nous aurons deux clubs de français ; l’un pour le niveau primaire et le second pour le secondaire. Pour le primaire, nous travaillons autour des sons (phonétique mais aussi les chansons et les élèves demandent du vocabulaire). Pour le secondaire, nous allons essayer de travailler autour du théâtre.

Ca peut parfois être sportif d’avoir 12 classes avec des niveaux très différents mais je pense que je vais m’y faire. Mais comme première vraie expérience d’enseignement, ce n’est pas piqué des hannetons !

 

Le sablier

 

 

Le temps me semble passer très vite, tant à l’école (car j’aimerais tellement aller plus loin avec les élèves !) qu’en dehors. Une journée passe en un claquement de doigts. Je n’ai pas encore eu le temps d’aller à la piscine de Roche Caïman, pourtant pas très loin de l’école. Je marche tous les jours mais j’aimerais vraiment reprendre une vraie activité physique de façon régulière.

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Premiers pas seychellois

C’est qu’on colle à la carte postale. L’île est magnifique, les gens très gentils. Seul le temps n’est pas de la partie. C’est la saison des pluies et le temps me fait penser à celui d’une jungle. Les brumes s’accrochent aux montagnes et des rideaux de pluie se tirent de temps en temps. La chaleur est écrasante et on a l’impression que ça ne sert plus à rien de prendre des douches.

 

Plaisir et admiration

 

C’est une grande opportunité pour moi et de façon générale d’enseigner dans une école internationale. Moi qui rêvais de parler à nouveau anglais, je suis gâtée car c’est la langue d’enseignement. C’est une démarche assez originale mais qui, finalement, épouse tout à fait mon parcours. J’aime utiliser mes différences compétences en même temps. Parler deux langues en rapide alternance et essayer d’expliquer l’une avec l’autre requiert une très grande concentration. Je tire mon chapeau bas à ces enseignantes car elles sont trilingues (anglais, français et créol seychellois) et surtout, essaient de trouver le meilleur moyen de faire avec des niveaux très différents (du grand débutant à l’apprenant bilingue).

 

Les créols

 

Le créol seychellois est, de prime abord, assez proche du créol mauricien mais bien éloigné du créol réunionnais. J’ai la chance d’avoir été exposée au créol mauricien par mon père et d’avoir « baigné » dans le créol réunionnais. Mais surtout, j’ai eu la chance de pratiquer mon anglais. Alors que le créol réunionnais a une base française très importante et quelques mots malgaches, les créols mauriciens et seychellois « créolisent » et même « francisent » des mots anglais. Donc, je peux plus au moins deviner de quoi il s’agit mais là encore, rien n’est acquis car la prononciation laisse des mots totalement sibyllins à mon oreille franco-réunionnon-maurico-untoutpetitpeuanglaise.

 

L’enseignement, investissement humain capital

 

L’enseignement constitue pour moi une nouvelle aventure. En France, j’avoue qu’il me semble assez lourd, tant en qu’élève qu’en tant que potentielle enseignante. Mais ces contextes particuliers (enseigner le français dans une autre langue) me fascinent et m’attirent énormément.

C’est dommage pour l’éducation française car elle a été d’une très grande qualité, très riche mais hélas, aujourd’hui, beaucoup de choses sont défaites alors qu’elles donnaient de sacrées bases dans la vie, même si on ne pouvait pas toujours saisir le sens de certains exercices et même de certaines matières.

Mes voyages (Australie, Madagascar et maintenant, les Seychelles) m’ont amenés à une vraie réflexion pour l’éducation comme épine dorsale d’une société. Je sais que certains liront ces lignes et penseront que c’est évident mais j’avoue que j’ai pris plus de temps à percevoir cette urgence absolue d’investir dans l’éducation et surtout à m’impliquer personnellement. L’éducation, c’est l’agriculture de l’humain. On plante des graines et on espère que la récolte sera bonne. Bien sûr, il faut faire avec les intempéries mais on essaie.

 

Formule 1…en bus

 

Je prends le bus tous les jours pour me rendre à l’Ecole internationale. Je m’arrête au terminus en ville et je continue à pied car j’aime marcher. Surtout le matin. La lumière du matin est pour moi, la plus belle. Elle est précieuse et rend tout ce qu’elle touche très beau.

Ca secoue pas mal dans le bus et il faut s’accrocher dans les virages. Peut-être que les conducteurs de bus adulent Fast and Furious

 

Les bonnes habitudes

 

J’ai gardé mes bonnes habitudes et je me suis inscrite à la bibliothèque de l’Alliance française des Seychelles. J’ai pris « Coco sec » d’Antoine Abel, un auteur seychellois. J’ai également pris « Le chercheur d’or » de J.M.G. Le Clézio. J’aime beaucoup cet auteur, qui a une façon unique et très onirique de parler de l’île Maurice. Et enfin, moi qui aime beaucoup les bulles également, j’ai pris « Lulu Femme Nue » d’Etienne Davodeau, édité chez Futuropolis (nous partageons les mêmes goûts).

 

Si près et si loin

 

 

J’habite à Anse Etoile, un nom très poétique. C’est un endroit très calme et dont le panorama est très vert et bucolique. Etrangement, il y a quelque chose qui me fait penser aux Antilles ici. J’avais fait un court séjour en Guadeloupe et il y a quelque chose de caribéen dans la nature et même dans les personnes.

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L'excitation du départ

A quelques jours de mon départ pour les Seychelles, je trépigne d'impatience.

 

J'ai réussi à reprendre des forces ces dernières semaines, à relâcher les nombreuses tensions suite à la mésaventure malgache et à savourer ma chance de repartir sur une nouvelle mission dans le cadre de la coopération.

 

Je prenais un peu de recul par rapport à mon parcours professionnel ces derniers jours et je souriais en pensant à ce que les anglo-saxons et les français pensent de mes différentes expériences. Au final, j'ai surtout des expériences de vie tout court. Quand je pars, c'est une expérience que je vis jusqu'au bout. Je crois que j'aime "mettre les mains dans les tripes d'un pays" et c'est l'écriture d'un guide touristique décalé à destination des expatriés français en Australie qui m'a permis d'avoir cette vision des choses. Certes, le livre n'a pas été publié car jugé en dehors de la ligne éditoriale (bien qu'il ait été entièrement rédigé!) mais ce travail m'a permis de me poser des questions plus pertinentes sur le pays étranger où je réside, mon pays (enfin, mes pays car je suis binationale) et surtout de prendre un recul considérable concernant la vie en général.

 

Une nouvelle aventure s'annonce et j'ai hâte de la commencer !

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