La chasse au trésor

La vie s’écoule toujours paisiblement ici, aux Seychelles. Je profite toujours du climat tropical, j’ai la chance d’avoir un travail. C’est bientôt la Semaine de la langue française et la Fête de la Francophonie. L’Alliance française des Seychelles va organiser une Chasse au Trésor et je suis très contente d’emmener mes élèves du club de français du secondaire. Ils sont très excités et j’avoue que moi aussi. L’Alliance organise aussi des activités pour la Fête de la Francophonie le 20 mars. J’espère que mes élèves iront à cette fête après les cours…

 

La locomotive lancée à toute vapeur

 

Je suis toujours prise dans un rythme de travail soutenu. Gérer les niveaux primaires et secondaires n’est pas facile ; j’ai l’impression de ne pas pouvoir me concentrer assez sur l’un ou l’autre. J’ai l’impression de ne pas avoir assez de temps et de recul pour faire face à tout. J’avoue que les primaires peuvent parfois être éreintants. Non pas que toutes les classes de secondaire soient des anges mais je les trouve plus faciles à contenir.

Je reste admirative de mes collègues qui, à mon sens, ont énormément de mérite.

 

Questionnement

 

Avec la fatigue et l’impression de ne plus avoir de prise sur le temps, les sempiternelles questions concernant mes choix et ma vie hors du commun reviennent comme des moustiques. Je sais que je ne devrais pas aussi facilement tomber dans le piège. J’ai eu la grande chance de tomber sur des personnes qui m’avaient soulagée de ces pressions de la société occidentale. Ces personnes sont elles-mêmes occidentales mais ont un point de vue inédit su la vie. Il y a d’ailleurs trop longtemps que je ne les ai pas vus, ce qui explique peut-être mon fléchissement. Mais malgré tout, je suis issue de ce monde et il est difficile de totalement larguer les amarres. Puis je dois faire avec des regards qui ne vont pas contre…

J’ai l’impression qu’une fatigue psychologique brouille mes sens et les doutes m’assaillent : ai-je fait les bons choix ? pourquoi est-ce que je ne réussis pas (qu’est-ce que la réussite) ? qu’est-ce que j’aime dans le fond ?

L’impact de l’agression à Madagascar a peut-être été minimisé, le deuil de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande n’est pas encore passé…

Mais je trouve un certain réconfort à lire le site Retourenfrance.fr, notamment sur la vie professionnelle et l’identité.

 

Etrange pratique

 

Il y a tout de même quelque chose qui me choque lorsque je marche tous les matins pour aller à l’école. Je vois souvent des camions, petits et gros, chargés de travailleurs entassés comme du bétail dans des bennes ouvertes. Je ne suis pas sûre qu’on se soucie vraiment de ces personnes si un accident arrivait.

Une seychelloise m’a dit que c’était assez courant de voir des gens à l’arrière des camions mais juste quelques personnes, généralement de la famille ou des amis.

Mais là, tous, généralement indiens, se tiennent droits comme des piquets et semblent parfois être une vingtaine.

 

L’appel de la mer

 

Mon père est venu me rendre visite. Il est co-équipier sur un catamaran qui a traversé l’océan indien. Ils sont partis de Thaïlande et ont rejoint les Seychelles via le Sri-Lanka où ils se sont brièvement arrêtés. J’ai eu la chance de monter à bord et c’est vrai que ça fait rêver ! Mon père a été marin dans la marine marchande une partie de sa vie et il a voulu reprendre la mer.

J’avoue que c’est tentant cette vie sur un bateau. Bien sûr, il y a le prix du bateau, son entretien, sa subsistance à organiser mais ça doit être une sacrée sensation d’aborder une île, de voir les oiseaux en mer et surtout, de voir le plancton lumineux la nuit. Mon père m’a parlé de ce phénomène qu’il a pu voir et ça a l’air magique. Autant que les lucioles dans les grottes en Tasmanie…

Je comprends son envie d’affronter les éléments. Ce doit être une sensation incroyable de faire un avec la mer. Car dans les tempêtes tout comme lorsque le bateau glisse sur l’eau quand il fait beau, nous ne sommes qu’une coquille de noix, une petite goutte de cet océan…

 

Le lien malgache

 

J’ai quelques nouvelles de Madagascar de temps à autre et l’une d’entre elles m’a vraiment mis du baume au cœur. J’ai formé des stagiaires au Centre de Presse Malagasy lorsque j’étais à Antananarivo. Récemment, l’une d’entre eux m’a écrit pour m’annoncer une très bonne nouvelle ; elle a eu son master avec une mention très bien et les félicitations du jury ! Je suis tellement heureuse pour elle ! C’est une travailleuse, une personne dévouée, qui mérite ce succès. Future entrepreneuse malgache, je lui souhaite le meilleur pour sa carrière.

Elle m’a remercié pour les conseils et soutiens prodigués pendant cette période mais je n’y suis pas pour grand-chose. Je partage simplement sa joie !

En revanche, le cyclone Enowa qui est passé sur la Grande Ile et a fait beaucoup de dégâts… Hélas, dans l’océan Indien, tous les cyclones terminent leurs courses sur Madagascar.

 

Lectures

 

Mon rythme de lecture s’est un peu ralenti et les supports ont un peu varié ces temps-ci. Je suis revenu aux bandes dessinées, mon pêché mignon. J’ai découvert une belle collection sur la guerre 14-18, simplement intitulée « 1914-1918 » et un bel album sur le vaudou et autres sorts, « Charmes fous ».

J’ai aussi lu « Une tortue se rappelle… » d’Antoine Abel, une très belle fable écologique avant-gardiste (récit écrit en 1975 !). J’entame « Dans les bois éternels » de Fred Vargas.

 

Nos amis les poissons

 

Nous avons fait un tour dans le Sud du côté d’Anse Intendance (mer démontée, beaucoup de courant, impraticable) et nous avons nagé à Anse Royale. Cette fois-ci, nous avons observé les fonds en fin d’après-midi. D’habitude, nous y allons entre 10h et 14h. En fin de journée, je pense que nous ne voyons pas la même population de poissons. J’ai vu des hippocampes. Ils ne sont pas si faciles que ça à voir car ils sont totalement allongés lorsqu’ils nagent.

Mon compagnon a eu la chance de voir une raie.

 

J’étais sur la plage à surveiller nos affaires à ce moment-là et j’avoue que j’étais surtout préoccupée par des conducteurs de jet-ski qui ne se souciant guère des baigneurs. 

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