Saison des pluies

Nous avons encore eu de longs épisodes pluvieux. Ces précipitations mènent la vie dure aux chaussures. L’une de mes paires s’est tout simplement déchirée. Les colles se délitent avec la chaleur et l’humidité porte le coup de grâce aux sandales de cuir.

 

Dans le bus, lorsque vous faites partie de ceux qui restent debout, on prend vos sacs ou paquets dans un silence absolu. Au début, forcément, nos craintes d’être volé nous font écarquiller les mirettes. Mais le bien restitué, toujours dans le silence, nous apprend qu’il faut faire confiance. Cette étrange transaction se fait sans bruit mais aussi sans regard.

Les bus acceptent les passagers debout et il peut vous arriver de faire de longs trajets ainsi. Il faut vraiment s’accrocher fermement dès le début (le chauffeur ne vous accordant qu’une poignée de secondes pour vous cramponner avant de démarrer en trombe) ; j’ai tout de même failli me déboîter une épaule dans un virage récemment… !

 

La joie des élèves est appréciable. Au fond, peut-on être heureux seul ? Le bonheur est déjà contenu dans le partage.

En revanche, j’ai été très déçue par l’attitude de certains lors de la projection de vidéos montrant l’intérêt d’apprendre le français. Je ne devrais pas mais je l’ai un peu pris personnellement. Ce n’est pas mon côté patriote qui a été blessé (quoique…) mais c’était simplement navrant de constater que certains seychellois ne réalisent pas qu’ils dénigrent une partie d’eux-mêmes. Ils ne sont pas conscients qu’ils sont plus français qu’ils ne le pensent, que leur Histoire et leur patrimoine génétique est français.

 

Lectures

 

J’ai achevé « La lumière qui s’éteint » de Rudyard Kipling et c’était une agréable surprise. Bien que les récits de guerre ne me fascinent pas, ce roman s’est révélé bien plus que la simple aventure. J’ai pris ce livre, presqu’au hasard sur les étagères de la médiathèque de l’Alliance française. J’avais adoré lire « Le Livre de la Jungle » dans sa langue d’origine récemment. Je me disais donc qu’un autre Kipling serait une prise de risques minime.

Je ne m’attendais pas à croiser à nouveau une thématique qui me suit depuis quelques temps maintenant et qui est liée à mes craintes les plus profondes.

Je ne croyais pas au destin étant plus jeune. Je refusais catégoriquement que « les choses soient écrites ». Mais les coïncidences se multipliant, j’ai revu ma position. Sans que croire que le chemin soit tracé et qu’aucune sortie de route ne soit permise, je m’étonne d’avoir regardé « Dancer in the Dark » (magnifique film de Lars Von Trier avec Bjork) et « The Lobster » et que le thème commun de la cécité se développe à chaque fois. Tout comme dans l’excellente chanson ‘’Porcelina of the Vast Oceans’’ des Smashing Pumpkins, l’une de mes chansons préférées.

Avec « La lumière qui s’éteint » (un correspondant de guerre-peintre qui perd la vue subitement), je finis par craindre de trouver les indices d’une évidence.

Je n’ai pas consulté depuis un moment et le risque est toujours là. Je redoute terriblement cette nuit éternelle. Depuis environ une petite dizaine d’années, cette épée de Damoclès menace de se décrocher. Mes rétines trouées et puis cautérisées pourraient bien lâcher un jour. J’étais d’abord paniquée à cette idée. Puis j’avais essayé de prendre du recul avec cet avertissement, de positiver. Ca avait transformé la sceptique mélancolique que j’étais en quelqu’un qui aime la vie et qui veut la goûter. Je souhaite toujours la goûter mais je sais ce que je pourrais perdre et ça me fait peur.

 

« Bettý » était un roman surprenant, confirmant la réputation des scandinaves et islandais dans le domaine du polar.

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Commentaires : 1
  • #1

    Sarah nz (jeudi, 02 mars 2017 18:59)

    Merci nath de tes nouvelles- toujours un plaisir pour moi de te lire/ je t embrasse bien fort!!