2020 au diapason du soleil

Le premier jour de l’année était radieux, ensoleillé à Vancouver et j’espère que c’est un signe, que le soleil sera l’augure de la décennie pour moi (au moins de l’année !). Un ciel bleu après toutes les teintes de gris humides. Mais je crois que j’ai trouvé mon salut dans la luminothérapie. C’est assez drôle car j’avais fait un reportage pour Vivacité-RTBF à Mons en 2007 il me semble à ce sujet. On trouve souvent l’aide dont on a besoin en soi. Mais si cette pensée semble égocentrique, elle est pourtant bien loin de l’être.

Je souhaite toujours apporter aux autres mais j’ai bien compris que sans énergie, sans paix et sans joie, on transmet _aussi_ du négatif. Lorsque j’enseignais, j’étais très attentive à ça. Je me souviens d’une enseignante qui me disait au sujet des vacances et de recharger ses batteries : «  Elles [les vacances] sont capitales. Si on n’en a pas, on transmet de mauvaises choses, dont la frustration et l’impatience. »

Lors de cette première journée de 2020, assise sur un banc dans un parc, j’observais ces arbres longilignes, peut-être une espèce de conifères, qui se balancent au gré du vent. Je repense à la communication entre les arbres, exposée dans un livre que je n’ai pas fini, « La vie secrète des arbres » de Peter Wohllenben. Les feuillages des arbres se découpaient, pour s’imbriquer les uns dans les autres et certaines branches, légèrement recourbées semblent être des mains qui invitent à danser. Un couple d’arbres qui dansent.

L’art est partout. Dans les mots aussi : nATuRel mais aussi pARTage, mon préféré né d’un projet fictif pour les études, un mélange de partage autour de l’art.

 

Voir ce que l’on veut

 

On voit ce qu’on veut voir. Parfois, l’Australie me manque et je la vois, je la retrouve ici, au Canada. Je voyais même la Réunion en Nouvelle-Zélande. Si on se concentre assez, on voit ce que l’on veut voir. Adolescente et jeune adulte, j’étais très pessimiste. En me frottant à certaines épreuves difficiles, mon regard a changé et c’est pour ça que la gratitude est devenue mon pilier. On oublie trop souvent qu’on a le pouvoir de se changer.

 

2020 sera sonore…

 

J’évoquais dans mon dernier article mon envie de faire du bénévolat, de participer à un projet pour la communauté, mon amour du service public (ex-RFO). Je voulais collaborer avec l’association Valentin Haüys et enregistrer des audio livres par le passé. Aujourd'hui, je réfléchis à aller lire des livres en maison de retraite en attendant mon permis de travail...

J'adore les sons et les voix. Il y a tellement dans une voix. Les voix chaudes, les voix rocailleuses, les voix qui ont vécu, les voix drôles, les voix originales.

J’ai commencé la rédaction de mes modules pour un podcast mais j’ai un souci technique avec mon enregistreur.

 

… et/ou artistique ?

 

Depuis que je suis à Vancouver, la peinture semble aussi m’imprégner. J’ai peint en compagnie d’une amie, Tanya et d’un bon verre de vin (seulement un, je vous rassure). C’était un ciel d’hiver mais très chaleureux. Nous écoutions les explications de Bob Ross et sa voix douce. Je me disais que c’était typique des années 80. Aujourd’hui, les tutoriels en ligne sont tellement criards et le montage est extrêmement rapide, dans cette dévorante envie d’aller toujours plus vite, plus vite vers la fin. Je ne suis pas nostalgique, il faut bien vivre avec son temps mais pour rien au monde, je ne prendrais ce pas. J’aime mon décalage, même si j’en souffre parfois.

J'ai aussi appris à tricoter avec Emily, une amie canadienne qui a joué un rôle important dans mon arrivée à Vancouver.

 

La rencontre, feu de la vie

 

J’ai eu la grande chance de rencontre avec Idliko Kovacs pour écrire un article paru dans le journal bilingue La Source. C’est une femme stupéfiante.

Je me suis sentie revigorée en rencontrant cette militante. J’adore ce métier pour les rencontres que l’on fait. Pour moi, les rencontres et les discussions qui en découlent sont toujours enrichissantes. Elles peuvent nous dresser le poil mais j’aime aussi discuter avec des personnes ayant des points de vue très différents car rien de plus rasoir que d’être entre soi et de s’auto-congratuler. Je n’aime pas les conflits mais je suis toujours admirative d’une belle argumentation dans le respect des différentes opinions. Je garde d’ailleurs un œil sur les prochains cafés-philo sur Vancouver…

 

La pauvreté à Vancouver

 

Dans le Verbatim de la Source, j’évoque l’écart entre les riches et les pauvres à Vancouver mais je pense qu’il n’égale pas ce que j’ai pu entrevoir à Antananarivo à Madagascar.

Mais ça reste choquant de voir qu’elle est si prégnante dans une ville comme Vancouver. Les drogues dures font beaucoup de ravages. Je n’ai pas encore entendu parler d’agression de junkie mais il faut dire que je ne sors pas le soir… La journée, certaines personnes mendient en ville, d’autres restent très discrets ou déambulent simplement dans les rues ou dans les bus.

En parlant de bus, j’ai été très surpris par une scène dans un bus où un jeune roquet, lunettes de soleil et écouteurs sur les oreilles, criait presqu’au chauffeur qu’il n’avait pas la monnaie (alors que sa tenue et ses accessoires indiquaient clairement qu’il pouvait se permettre un ticket de bus). Le nez levé, il est ensuite allé vers le fond du bus. Ca m’a choquée car ça fait bien des semaines voire plus qu’on entend parler de grèves de chauffeurs de bus à cause des conditions de travail mais aussi des salaires non-revalorisés. Comment peut-on manquer de respect envers un service public ? Comment en arrive-t-on à une telle situation ?

Je ne veux pas stigmatiser le Canada, la situation n’est pas plus reluisante en France ; on agresse des pompiers, le personnel hospitalier et d’autres services publics. Mais de façon générale, je ne comprends pas qu’on puisse en arriver à un tel irrespect…

 

La valeur de choses

 

Je me faisais une réflexion sur la valeur qu’on donne aux choses. L’Homme aime ce qui est rare et va sans scrupules creuser les entrailles de la Terre pour y arracher des pierres qui ont mis des milliers d’années à se former, y arracher des vies (celles des mineurs) qui ont été façonnées avec tant d’amour, d’abnégation et de labeur. Mais quid de l’instant rare de paix que l’on peut avoir soi-même, de l’humour d’un jeu de mots au détour d’une conversation, de l’amour d’un premier regard ?

 

On ne se rend compte de la valeur des choses, bien souvent, lorsqu’elles sont perdues. Surtout dans notre monde terriblement matérialiste. Pourtant, elles sont encore si saisissables…

L'attente et autres occupations

Le moral est un peu en berne parfois et je pense que c’est le manque de lumière qui m’affecte un peu. Je n’ai pas vécu dans un pays saisonnier depuis quelques années maintenant. J’ai découvert que Vancouver est quasiment à la même latitude que Paris et pourtant, je trouve qu’il y a moins de lumière… Il faut dire que je vis dans un basement, à moitié sous terre.

 

L’attente

 

Une fois de plus, moi la nomade internationale, je dois faire face aux délais administratifs. Je dis nomade internationale en faisant référence à mon expérience en Australie. Trouver la bonne information a mis un peu de temps. Ce n’est pas le premier site d’immigration que je détaille mais ils sont tout de même un peu différents. Mais suite à des réunions d’informations, des partages avec d’autres francophones, je pense avoir trouvé des issues. Je suis actuellement dans un processus de reconnaissance de mon diplôme (pas mes diplômes au vu du coût) ; mon école a envoyé les documents et l’organisme concerné doit les vérifier. Attente annoncée : 20 semaines au maximum ! Bon, avec un peu de chance, ça devrait prendre moins de temps.

 

Il me faudra ensuite soumettre une demande d’Entrée Express, qui devrait même environ 3 à 4 mois… La patience, reine des vertus !

 

Les vêtements

 

Il ne fait si froid que ça à Vancouver. Nous sommes loin des températures négatives et des mètres de neige de l’intérieur du pays. Mais je réactive de vieux réflexes, acquis à Paris, concernant les couches vestimentaires. Je pense que je souffrais moins de ce détail en Australie et en Nouvelle-Zélande, malgré des températures similaires. Mais le froid y était peut-être plus sec…

 

Concernant ces fameuses couches, je voudrais partager cette astuce qui m’a été transmise car parmi mes lecteurs, je sais qu’il y a quelques ultramarins ou personnes vivant près de l’équateur peu habituées à ce type de climat. Je suis tombée, comme beaucoup d’autres, dans le piège de « l’oignon ». Oui, il faut superposer les couches vestimentaires mais pas n’importe lesquelles et pas n’importe comment. Le plus important, c’est la toute première couche. Un jour, une dame (que j’estime beaucoup) m’a donné le conseil suivant : « Porte de la soie si tu le peux ». En effet, la soie n’est pas accessible à tous mais pas besoin d’avoir des mètres sur soi (de soie). Aujourd’hui, on trouve aussi des vêtements « thermiques » qui peuvent tout aussi bien faire l’affaire. Puis, on peut s’habiller « normalement ».

 

Je tiens à faire cette remarque sur les températures suite à des observations très intéressantes. J’étais déjà intriguée par les Australiens capables de mettre des tongs en plein hiver austral mais les Canadiens sont une catégorie au-dessus et forcent l’admiration. J’ai croisé des personnes en short, en débardeur, en tshirt et même un homme torse nu (mais celui-ci devait avoir pris trop d’anti-gel car il surprenait même les Canadiens). Pas de marques rouges, habituelles morsures du froid sur leurs peaux…

 

Les habitudes

 

J’essaie de garder mes bonnes habitudes alimentaires et de vie. Partisane de l’anti-gaspillage, je m’informe sur les pratiques de recyclage (toujours pas facile de comprendre les subtilités du triage du plastique à Vancouver mais il y a de l’espoir car il existe un jeu, j’adore cette approche ludique !), je m’essaie au Farmers Market (une pratique que j’avais à Adélaïde) et je cherche les alternatives à la grande distribution (si possible bio mais ça reste cher, comme partout). Je me suis donc rendue sur Main Street, l’une des avenues branchées (bobo comme on dirait en France) et j’ai poussé les portes d’une boutique faisant de la vente en gros. Evidemment, j’étais sous le charme car je craignais d’avoir peu, sinon pas, d’alternatives au supermarché, aux contenants en plastique à usage unique (que je ré-emploie au maximum). Cependant, le charme s’est rompu face à une attitude très fermée, presqu’hautaine du personnel. J’avais l’impression de rentrer dans une boutique très confidentielle dont je ne connaissais pas les codes et qu’il fallait quasiment être co-optée pour pouvoir prétendre fouler le sol de cette enseigne. Je ne suis pas revancharde, ou plutôt trop attachée à mes convictions quant il s’agit de trouver des alternatives et j’y reviendrais mais si je sens le même frisson me parcourir l’échine, je changerais de crèmerie… Pour moi, cette attitude va tellement à l’encontre de ce qui devrait être un partage autour du respect, respect de la planète. Mais il est vrai que rien n’interdit à de fervents écologistes d’être racistes ou nazis.

 

J’essaie de faire du sport mais difficile pour moi de revenir à la piscine chlorée « froide » après avoir eu l’océan, de craindre un footing où la bronchite pourrait vite m’étreindre après avoir eu les équipements, la liberté de courir à l’air libre et de se résoudre finalement, à courir en salle. Cependant, je dois nuancer ce tableau sombre. Je marche. Certes, c’est urbain, c’est autour d’un golf mais les écureuils autant surpris que moi égayent cette promenade que je fais parfois. Encore une fois, je dois être patiente et attendre le retour des beaux jours pour envisager _enfin_ une randonnée.

 

Le don

 

J’ai toujours essayé de donner de mon temps pour des causes qui me tiennent à cœur. J’ai une liste d’actions que j’aimerais effectuer en tant que bénévole. Mais je me retrouve parfois prise dans mille projets en raison de ma profusion d’idées (et honnêtement, d’aventures et de rencontres : la vie n’est pas une ligne droite). Néanmoins, je repensais à mes expériences en tant que bénévole ; aux Seychelles, en Australie, en France

Ne pouvant pas encore travailler et me sentant très fortunée, j’ai eu l’occasion d’être bénévole pour deux institutions depuis que je suis arrivée. J’ai été bénévole à la Chambre de Commerce Francophone de Vancouver ; j’ai donné un coup de main pour mettre en place la restauration légère et j’ai eu l’occasion de rencontrer quelques membres de la chambre très sympathiques. Il faut dire que je n’ai pas rencontré de personnes foncièrement désagréables pour l’instant.

 

J’ai aussi été bénévole pour OpenTable, un repas pour les plus nécessiteux. C’était une bonne expérience, j’avais toujours voulu essayer. Je me souviens de l’ami d’un ami, travaillant pour une entreprise parisienne, me parler de son expérience à la soupe populaire pendant des années et je trouvais cela tellement beau… En servant cette soupe puis ces assiettes de curry de bœuf, je m’interrogeais sur mes motivations et ma réponse, en mon for intérieur, a été que je me sens très aimée et que je voulais transmettre cet amour à ceux qui en ont un peu moins par quelque chose de très concret, à manger. Pour l’instant, j’ai participé à trois de ces évènements, l’une régulière, hebdomadaire et l’autre, pour célébrer Noël. Pour Noël, c’était très beau ; il y a eu une petite représentation avec des musiciens, de l’ambiance, de bons mets et surtout beaucoup d’affection. Le concept de l’OpenTable est de partager avec des personnes dans le besoin, de la nourriture mais plus, une conversation.

 

Je me questionnais sur la viabilité du bénévolat pour la société en Australie car il me semblait utilisé à tout va. Ici aussi, il semble être le sésame, quitte à finir sur le carreau après de nombreuses années de loyaux services. Car il est aussi difficile pour le bénévole que pour les services qui le sollicitent de tenir sur la longueur.

 

Enfin, comme pour beaucoup de choses, tout dépend de l’intention qu’on met dans nos actions.

 

Ca me rappelle tout le mouvement autour des stages en France. Je n’ai jamais été payé pour mes stages (si, une fois, quelques centimes par un magazine spécialisé dans le rock). Certains ont joué avec les lois, refusant de prendre au-delà de la période où il fallait m’indemniser… Au total, j’aurais du être payée mais bon.

 

L’ouverture

 

Le premier semestre de ma seconde année de Master s’est enfin achevé et ça n’a pas été une petite balade paisible. La charge de travail était importante et la coordination (et l’intensité des échanges) avec des collègues à la Réunion, en Serbie et au Japon m’a quelque peu « zombifiée » pendant quelques semaines, qui m’ont paru être des mois. Il est arrivé que je ne sorte pas physiquement de la maison pendant quelques jours.

 

Mais je ne regrette pas un instant car j’ai voyagé intellectuellement, découvert de vrais trésors et eu des échanges de très grandes qualités (professionnels et personnels) avec mes collègues. J’étais tellement heureuse de lire sur l’intercompréhension, la francophonie (dont je vois une application ici, au Canada). J’étais un peu déçue par certaines notes mais ça ne tient qu’à mon exigence envers moi-même… Mais j’ai tout de même validé mon semestre, ce qui est une très bonne nouvelle.

 

J’ai eu grand plaisir à faire un travail sur l’intercompréhension avec une collègue avec laquelle nous partageons un point de vue ; l’intégration du handicap dans l’apprentissage. L’intercompréhension concerne cette approche favorisant l’exposition à plusieurs langues pour en dégager des compétences métalinguistiques (la capacité de comprendre la structure d’une langue). En résumé, comprendre une autre langue étrangère par le biais de toutes. Ce sujet était déjà fascinant en lui-même. Mais nous avions choisi de nous appuyer sur une fiche, choisie plus ou moins au hasard, sensibilisant à l’apprentissage d’une langue étrangère par le biais d’une autre forme de langage, le braille. Nous avions également jeté un coup d’œil sur une autre fiche évoquant la langue des signes.

 

Réconfort littéraire

 

Alors que j’avais le moral un peu en berne récemment, je me suis replongée dans les livres à la médiathèque de l’Alliance française et j’ai emprunté un livre que ma mère lisait, « Le mystère Henri Pick » de David Foenkinos. Lectrice avide de bandes dessinées (et de graphic novels comme disent les anglo-saxons), je me suis penchée sur «  La différence invisible », intriguée par ce titre, à propos du syndrome Asperger.  J’ai aussi emprunté « Demain la Francophonie » de Dominique Wolton, plus en lien avec mon master mais aussi par curiosité.

 

Je suis aussi allée à la Vancouver Public Library en ville et j’en suis totalement tombée amoureuse. Le bâtiment est immense et très agréable. Il y a même un studio d’enregistrement (vidéo et audio), des ordinateurs pour le montage. J’y ai emprunté quelques ouvrages dont « C’est le cœur qui lâche en dernier » de Margaret Atwood, que j’ai dévoré assez rapidement. Eh oui, il faut bien que je m’initie à la littérature canadienne et j’ai décidé de commencer par l’un de ses plus grands noms, l’auteure de la Servante écarlate (que je n’ai pas encore vu car le tapage médiatique m’avait étouffée).

 

J’aime tellement les mots. J’adore jouer au Scrabble. En postant une demande sur un groupe Facebook, j’ai vu qu’il y avait un engouement et je pense organiser une petite rencontre à mon retour en février.

 

 

Je vais aussi reprendre du service en tant que journaliste et j’avoue que l’idée de reprendre la plume m’enchante beaucoup. Je vais collaborer au journal bilingue « La Source ». Vous pourrez lire mes premiers articles dans l’édition de janvier 2020 !

Arrivée (une fois de plus)

Un nouveau départ. La formule n’est pas nouvelle pour moi. Je démarre beaucoup dans ma vie. Espérons que cette fois-ci, je puisse vivre au même endroit pendant au moins deux ans. Je ne cache pas que je redoute un nouveau rejet administratif depuis mon expérience australienne. Mais j’essaie de garder espoir. Je connais les démarches, le budget à y consacrer mais la nouvelle variante est le délai de traitement ici, au Canada. Pour la reconnaissance des diplômes, les délais annoncés sont de l’ordre de 20 semaines.

 

Nouveau départ, nouvelle culture. Je découvre la culture nord-américaine. C’est un retour dans le système anglo-saxon avec ces avantages et ces inconvénients, comme partout et uniquement de mon point de vue. Le Canada s’annonce plein de promesses, en termes d’emploi, en termes de qualité de vie. Les offres d’emploi sont généralement alléchantes. Dans mon domaine, il y a énormément d’offres du côté du… Québec. Côté Vancouver, durant les trois semaines passées depuis mon arrivée, j’ai eu quatre entretiens, tous concluant mais ce sont des postes uniquement à temps partiel ou carrément en contractuel. Mais je dois dire que tous les potentiels employeurs ont été très gentils et ont essayé de me donner un maximum de conseils. C’est ce qu’on m’a dit à propos du pays ; les Canadiens sont vraiment très gentils et serviables. J’ai donc une liste d’employeurs à rappeler…une fois que j’aurais mon permis de travail ou visa longue durée.

 

Certes, les régulations ne sont pas les mêmes et ma grande crainte est la qualité de la nourriture, un détail que je retrouve beaucoup dans les nombreux forums, commentaires sur Facebook et autres vidéos d’expatriés. J’avais déjà décidé, lors de mes investigations en tant que journaliste pour un site internet de santé et de nutrition, de mes études en restauration et au contact de personnes appliquant la permaculture et autres principes respectueux de l’environnement, de vivre et surtout de consommer différemment.

 

La recherche de travail suit son cours, tout à fait lent d’une installation à l’étranger. Mon plus grand défi est de mettre à distance ma précédente expérience avec l’immigration et mon refus de visa en Australie.

 

Le « grand air canadien » (enfin un tout petit aperçu, le milieu de la forêt sera pour plus tard)

 

La nature est belle et accessible à Vancouver. Les montagnes, dont les sommets commencent à s’enneiger doucement, sont toujours dans le champ de vision des Vancouverites. Je me promenais encore dans un parc près d’une plage récemment et j’ai pu voir des écureuils mais aussi des oies sauvages et des lapins déambuler à leur aise. Un autre soir, je me suis retrouvée nez-à-nez avec un raton laveur.

 

Vancouver a été rebaptisée « Raincouver » par ses habitants en raison d’une abondante pluviométrie. Cependant, j’ai eu beaucoup de chance jusqu’à présent et j’ai eu des journées continues de beau temps avec de belles couleurs d’automne spectaculaires, comme on les imagine. Il fait froid pour moi mais je touche du bois, je n’ai pas été malade depuis mon arrivée (ce que je trouve extraordinaire compte-tenu des températures !). On ne parle que d’une dizaine de degrés, rien de dramatique. Vancouver a un climat océanique donc jamais très froid.

 

La ville de Vancouver ressemble à son homologue australien, Melbourne, sur certains points. Apparemment, les deux villes sont souvent comparées. Mais je pense que seuls leurs climats et leurs topographies peuvent être comparés. La « vibe » est différente ; il y a plus d’évènements et d’éléments culturels à Melbourne à son sens. En revanche, Vancouver est plus familiale. Je suis parfois nostalgique de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande… Cependant, j’ai retrouvé le charme des « op’ shops » (« opportunity shops »), ici appelés « thrift shops ». La même odeur de vieux placard, la même gentillesse du personnel, les mêmes perles vestimentaires (ou autres !)… En France, cette pratique est encore trop taboue. Je n’ai plus vraiment vécue en France depuis un moment mais à ce que je vois, cette tendance au « recyclage » arrive plus en ligne, comme si nous avions honte d’aller dans un Emmaüs car ce sont des enseignes « trop connotées » (à la pauvreté). Ce sont des cultures différentes.

 

J’essaie de garder mes bonnes habitudes et de faire du sport régulièrement. Cependant, j’ai essayé de courir un matin et mes bronches n’étaient pas d’accord. L’air glacé dans mes poumons m’a définitivement vacciné contre toute envie impulsive de footing au grand air. Je ne suis pas encore allée faire de randonnée, le temps étant trop froid et le risque de gel et neige important. Cependant, on m’a parlé de nombreux groupes de marche et autour de moi, j’ai des personnes intéressées par la randonnée (eh oui, je ne partirais jamais seule, je ne fais pas le poids face à un ours !).

 

Première célébration canadienne

 

J’ai fêté Thanksgiving au sein d’une famille et communauté locale. Certes, j’étais un peu réticente à l’idée de célébrer une fête, que je pensais, être la célébration d’un génocide, au même titre qu’Australia Day (lien) en Australie. Mais j’ai décidé de laisser de côté mes préjugés. Nous en avons tous. Ca m’a fait réfléchir sur notre conditionnement : l’éducation, la société. En France, nous montrons beaucoup l’Amérique du Nord comme un mauvais exemple. Au contraire, j’ai eu la chance de faire la connaissance de personnes très ouvertes, très respectueuses des autres. J’ai découvert un évènement basé autour de la gratitude, une notion qui m’est chère. Nous avons fait un tour de l’assemblée (près d’une trentaine de personnes !) pour exprimer notre gratitude envers quelqu’un ou quelque chose. J’ai trouvé que c’était un beau moment de partage et de communion.

 

Master un jour, master…

 

En parallèle de l’installation, je poursuis ma seconde année de Master. Une fois de plus, j’apprécie beaucoup mes études et une fois de plus, je suis consciente de la chance que j’ai de faire des études à ce niveau et à ce prix en regardant les tarifs des universités locales. Je suis un peu triste que cette formation ne dure que deux ans…

 

Cette année, j’ai osé poser ma candidature de délégué et membre du conseil de perfectionnement du programme. Je prends un nouveau tournant en m’investissant plus pour la communauté et le groupe en général. Adolescente, j’étais très timide et l’idée de me porter volontaire pour parler au nom de tous me donnait l’impression que c’était plus une question d’ego mais avec l’âge, l’expérience et les réflexions, il me semble plus que jamais important de coller à mes convictions et surtout de les appliquer au quotidien en me faisant le porte-voix de la communauté. Je souhaite m’impliquer davantage dans des activités de groupe, comme en sport par exemple. Ici, le curling, une drôle d’activité impliquant une équipe, un palet, des damiers et de la glace, m’intéresse…

 

Je pense que je serais éligible à un programme de « remise à niveau » des enseignants dans l’une des universités à Vancouver et je comprends bien que les systèmes éducatifs sont différents mais nous parlons de la modique somme de 55 000$ pour une année donc une option pas vraiment d’actualité…

 

Lâcheté et vision restreinte

 

Récemment, un ou une anonyme a posté un commentaire « intéressant » suite à mon dernier article sur la Malaisie. Je le trouve « intéressant » en un sens car on sent une personne potentiellement frustrée, jalouse ou ayant une vie assez plate pour avoir le temps de laisser un commentaire pareil sur un blog dont les vues ne sont pas si importantes. De plus, elle est assez lâche pour écrire sous un pseudonyme bancal. Enfin, assez de lumière pour une personne qui n’en a sans doute pas beaucoup là-haut… Ah, et aussi, je trouve triste de penser qu’on « possède » des êtres humains (déjà les animaux, c’est limite) ; « avoir des enfants ». Faire des enfants est un choix très personnel.

 

Suspension temporaire

 

 

Mon dernier message en Malaisie annonçait un nouveau projet à venir. Hélas, ce dernier est suspendu pour l’instant, vu toutes les marmites que j’ai sur le feu. Mais il fait toujours son chemin dans mon esprit et devrait aboutir à un moment. Restez donc à l’écoute !

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