Le phénix

Nouveau !

Parce que vous aimez peut-être écouter des podcasts en conduisant ou en faisant la cuisine, voici le podcast de cet article. N'hésitez pas à me faire des retours sur cette nouvelle formule ! Bonne écoute et/ou lecture !

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Le chant des oiseaux dans la forêt urbaine

Kuala Lumpur offre une qualité de vie très agréable. Cependant, je sais aussi qu’elle est aux dépens d’autres…

Je parlais souvent les moyens de transport dans les autres pays que j’ai visité précédemment. A Kuala Lumpur, je n’ai pris le métro qu’une fois. Il était très efficace et j’ai beaucoup apprécié l’usage de jetons que l’on achète puis qui se réutilisent.

A Kuala Lumpur, je me déplace plus souvent en Grab, l’équivalent d’Uber en Europe. Après les Seychelles et Madagascar, ce système de chauffeur privé m’a paru le summum du luxe. Surtout que pour une raison que j’ignore, je n’ai eu que des voitures de luxe les premiers temps. Toute cette opulence m’est parfois dérangeante. Mais c’est l’occasion de rencontrer toute sorte de personne.

Je rencontre parfois des conducteurs très drôles. Une fois, j’ai rencontré un rockeur musulman. Ce cocktail paraît étrange aux yeux des occidentaux. Je rencontre aussi des conducteurs qui s’épanchent sur leur vie privée ; aussi, l’un d’eux me racontait son récent divorce, sa volonté de prendre soin de sa fille. J’ai aussi rencontré un dragueur mais je pense que c’est vraiment très rare. Ce n’est apparemment pas vraiment dans la culture locale de draguer des filles mais celui-ci n’avait pas vraiment froid aux yeux. Mais j’avoue que c’était une drague assez élégante, loin de cette drague lourdingue à la parisienne. J’ai aussi rencontré des conducteurs érudits, j’ai échangé sur la linguistique avec l’un d’eux ou encore sur le mandarin local différent du mandarin de Chine avec un autre. Et j’ai eu le plaisir d’avoir aussi des conductrices. Bien que minoritaires, elles progressent.

Ces conversations commencent habituellement par la rituelle question de mon origine, qui peut sembler mystérieuse pour certains car je pourrais passer tant pour une locale que pour … Situer la Réunion me prend bien quelques minutes. Bien sûr, certains me disent voir où ça se trouve mais je suis assez habile pour voir l’océan de confusion qui se dessine dans leur regard.

 

Bien que je sois en ville, j’entends parfois des oiseaux. Je les entends tôt le matin ou en fin de journée. Je suis fascinée par leurs chants, assez complexes. J’ai commencé à être plus attentive aux chants des oiseaux en Australie ; ils y sont vraiment très bruyants là-bas. Ils sont mon premier indicateur lorsque je me réveille de ma situation géographique. Je pense que j’ai aussi entendu un singe récemment en fin de journée. Je les ai vus glaner dans les poubelles un jour et même un employé leur jeter des aliments. Parfois, je me demande si je ne vais pas finir femme de la forêt… La nature m’appelle et peut-être que mon destin est dans les montagnes, dans la jungle. J’aime être dans la nature car je me sens communier avec elle. Nous formons une seule entité.

Nouveau cycle

Une nouvelle année, un nouveau cycle et un retour à la plume. Le début et la fin, la vie et la mort, sont indissociables. On ne peut pas envisager l’un sans l’autre. C’est aussi le moment du bilan et des prévisions.

 

Je vis en Malaisie depuis 6 mois. Après les Seychelles, c’est un peu le grand écart _encore une fois_. Mes premières impressions de la Malaisie, ce sont les incroyables peuplements verticaux, une société multiculturelle apparaissant clairement comme l’une des racines de celles de l’océan indien, une avancée technologique.

 

Pendant ces 6 mois, j’ai eu l’occasion de rencontrer, comme souvent, des personnes très intéressantes. J’entends souvent autour de moi, la tristesse de la platitude des relations, des relations creuses et fades, du manque de profondeur des discussions. J’avoue que j’ai sans doute déjà croisé de telles situations mais leur souvenir ne m’affecte même pas. J’essaie, de façon consciente ou inconsciente, d’avoir un contact d’âme à âme. On pourrait me reprocher de m’ouvrir à n’importe qui et à tout va mais je répondrais que ce serait bien triste de faire autrement et de mettre sous cloche toute possibilité de découvrir des joies insoupçonnées. Certains amis peuvent avoir peur pour moi car ils craignent de l’abus. Mais je crois fortement au karma. Je n’ai pas connu les épreuves les plus dures d’une vie mais je suis passée au travers d’expériences réputées très difficiles en changeant ma perspective, mon regard sur ces évènements. Bien sûr, je ne peux pas prétendre que c’est un jeu d’enfant. Ma thérapeute m’a expliqué que nous n’étions pas tous égaux face aux douleurs de l’âme. Je ne suis pas une super-héroïne mais le seul truc que j’ai appris au cours de mes pérégrinations, c’est qu’un changement d’angle peut changer mais surtout soulager beaucoup de choses. Après, je pense que j’ai aussi beaucoup de chance dans mes rencontres.

 

La culture malaisienne me rappelle beaucoup ma propre culture, celle de l’océan indien. Nous sommes des patchworks de culture, des objets rapportés, des noix de coco portées par les flots, au gré du vent. Je découvre au gré des discussions et des escapades à quel point nous sommes malaisiens dans l’océan indien. Et je trouve ça beau. La variation d’un même thème. C’est quelque chose d’assez universel ; en graphisme, dans tous les arts, concernant beaucoup de thématiques. Le même message interprété de manière différente mais au fond, le même message. Un peu une polyphonie. La réinvention.

 

Je veux revenir à l’écriture cette année. Je n’ai jamais vraiment pris de bonnes résolutions mais bizarrement, cette année, j’ai envie de me fixer des objectifs. Ecrire est mon premier objectif. Bien sûr, le fait de continuer les études (Master en Français Langue Etrangère, Ingénierie des langues) est capital pour mon avenir, bien que j’aie pris cette décision davantage pour des raisons éthiques (transmettre efficacement et professionnellement). Mais une fois que je m’engage dans quelque chose, je m’y attelle comme à un sacerdoce.

 

De plus, j’aime étudier, j’aime apprendre et pas qu’au sens académique du terme. Je suis fascinée par notre faculté, à tous, d’intégrer des informations, que cette information mâture, parfois avec plus ou moins de temps, et qu’elle nous transforme. Cependant, je conçois que certaines personnes puissent avoir des difficultés d’apprentissage. Tout est question de trouver sa façon d’acquérir le savoir, ce qui va être le facteur déclencheur.

 

Le fait d’alterner les langues en permanence est fatiguant, comme je le mentionnais précédemment aux Seychelles. Cette fois-ci, je parlais plus anglais que français et j’ai eu presque peur de « perdre mon français » à un moment mais ça n’arrivera pas pour plusieurs raisons ; j’ai une très très bonne amie française ici avec laquelle je parle souvent français, je parle français avec mes parents et mes amis et je lis français (quand j’ai le temps de lire). Et évidemment, continuer à écrire mon blog et d’autres choses maintient les choses. Et j’ai aussi acheté une version de voyage du Scrabble en français !

 

En venant en Malaisie, je voulais écouter mon intuition, me laisser porter par quelque chose de plus secret, mystérieux mais aussi « pour mon bien ». Pour moi, la vie et surtout les obstacles _que nous percevons comme tels_ ne sont qu’affaire de perspective. Je me suis donc laissée portée, sans jamais me mettre en danger bien sûr, et ça a conforté mon avis sur cette attitude ; c’est la bonne. L’intention est critique. J’écris sur la compassion. C’est une notion et une valeur, tout comme l’humilité, qui m’est très chère. La reconnaissance a aussi guidé cette expérience basée sur l’intuition.

 

C’est drôle car quand je raconte mon parcours et décrit ma vision et mon attitude aux gens, j’ai l’impression de passer pour une douce dingue aventurière. Et tout dans cette expression est antinomique. Un ami m’a dit : « Mais tu n’as pas d’argent, ça a l’air galère, pas de stabilité mais tu as une putain de vie ! » et j’ai trouvé ça tellement beau.

 

 

L’amour, filial, amical, nous fait peur. On veut l’enfermer dans une petite boîte, tellement étroite. C’est comme une vache qui a peur de se faire électrocuter par un barbelé électrique ; c’est con. Attention, je ne dis pas qu’une vache est con, bien que ce soit une bête. C’est un animal magnifique, glorifié pour ces yeux plus que les biches par les Romains, rappelons-le. L'amour ne doit pas être révélé. La vache ne peut pas être sauvage comprenez-vous...