Echos et rencontres

Une tension toujours palpable

 

La situation paraît plus calme…au premier abord.

Les marchands de rue continuent malgré tout de protester (article de l’Express de Madagascar) et sont chassés (article de l'Express de Madagascar et de Midi Madagascar). 

Les journalistes continuent de clamer leur mécontentement concernant le prochain Code de la communication (article de Midi Madagasiraka).

Les affaires de meurtres et de rapt d’étrangers (double meurtre à Sainte-Marie, rapt d’un directeur administratif pour une marque internationale) mais aussi de malgaches gonflent les rubriques de faits divers mais pas sûr que les colonnes de la PQR (Presse Quotidienne Régionale) française ou pire, réunionnaise, n’en soient pas moins remplies.

 

La guitare

 

Nous avons acheté une guitare avec mes colocataires, une très jolie Valencia, qui sonne plutôt bien pour son bas prix. Nous avons donc maintenant une « co-guitare ». Nous avions vraiment besoin d’un instrument, Noémie et moi. Les choses se sont faites finalement assez vite et heureusement, car ces petits moments musicaux sont des petites soupapes de bien-être où nous nous retrouvons et partageons.

Noémie joue plusieurs types de chansons en français et en espagnol. Elle réinterprète les chansons à sa manière et c’est très beau !

 

Les rencontres ou l’éloge de la discussion

 

Mes expériences de colocation se sont toujours bien passées. J’avais fait un mois en Belgique et un autre à Adélaïde et ça a toujours été un plaisir de partager un logement mais surtout du temps avec autrui.

Cette fois-ci, mon expérience de la colocation va au-delà d’un simple partage immobilier. Nous partageons des affinités mais surtout des valeurs. Je me sens presqu’en famille. J’ai la chance inestimable d’avoir des discussions très riches et surtout enrichissantes autour du vivre ensemble et du management positif (entreprise libérée).

Je me suis rendue compte au cours de mes voyages, différentes expériences et exercices dans le cadre de la préparation à la coopération régionale, que j’accordais une place prépondérante à la discussion. Une bonne discussion vaut autant qu’une séance de shopping (du moins, j’imagine car il peut être orgasmique pour certains). Elle revigore, fait avancer et créé une faille spatio-temporelle. C’est un moment précieux.

Je me remémore avec plaisir les rencontres faites un peu partout avec des gens de tout horizon : une australienne rencontrée à Paris, un belge et un indien rencontré à la Réunion, des français en France, des réunionnais à la Réunion, des australiens en Australie, des français en Australie et d'autres personnes d'autres nationalités dans d'autres pays. J’ai eu beaucoup de chance de rencontrer ces personnes formidables.

 

L’Université

 

Je me réjouissais déjà de faire partie d’un projet d’émission radio à l’Université d’Antananarivo mais une dernière réunion avec le Conseil d’Administration du Centre de Presse Malagasy pourrait m’offrir des opportunités encore plus grandes.

On parle de créer un pont entre les universités d’Antananarivo et de la Réunion. C’est un gros projet à porter mais quel défi et surtout, quel chantier excitant !

 

BAOBad, le badminton avec une vision

 

Nous avons testé le badminton avec le club BAOBad. C’était tellement bien ! L’équipe est vraiment très sympathique et c’était un bon moment.

Johary, président du club, est une personne très avenante et très joyeuse. Le club a vraiment une dimension humaine forte. Le président nous a expliqué que nos cotisations mensuelles en tant qu’étranger servent à financer du matériel et les cours pour les enfants Malagasy qui ne peuvent pas se permettre de pratiquer le sport. De plus, les membres ramènent les enfants à domicile. C’est assez familial en fait. Le club est aussi impliqué dans des œuvres caritatives et fait des tournois pour soutenir des projets sociaux.

 

Plongeon

 

Nous avons tenté la piscine donc avec Noémie. Jusqu’au bout, nous avons été très courageuses. Il faisait pourtant beau ce jour-là et nous espérions de toutes nos forces que l’eau de la piscine aurait été chauffée par les rayons du soleil.

Cette piscine de 50 mètres, nous en parlions, nous en rêvions.

Nous nous sommes jetées à l’eau et l’onde était glaciale. Toujours courageuses, nous avons fait quelques longueurs. Noémie plus que moi car au bout de la troisième ou quatrième, mes oreilles me faisaient un mal de chien et j’ai eu peur de l’otite et du coup de froid. Noémie a finalement cédé lorsqu’elle ne sentait plus ses membres.

En sortant de ce bain où nous aurions pu croiser quelques glaçons et pingouins, nous étions vraiment sonnées.

Mais nous l’avions fait.

 

L’humanitaire à Madagascar : décadence et grandeur

 

Madagascar est, hélas, la terre de l’humanitaire par excellence. Comme en Afrique (car aussi part de l’Afrique malgré tout), tous les organismes humanitaires internationaux sont présents et chacun y va de sa plus grande exposition médiatique pour telle ou telle action. Tous les dons, toutes les actions, sont et doivent être présents. Ainsi, on peut deviner l’origine des dons (parfois détournés car revendus) grâce aux vêtements arborés dans la rue : France, Amérique du Nord, Australie, Suisse…

Il existe des dessous de l’humanitaire pas jolis jolis ; détournements et autres. Je ne vais m’étendre sur le sujet.

Mais, en discutant avec ma collègue Keshia et d’autres malgaches, je découvre le vrai bénéfice des programmes sociaux (je préfère sociaux à humanitaires). Madagascar, comme Maurice et bien d’autres, est indépendante et ne doit pas souffrir de nouvelles formes de colonisation ou de domination. Le pays ne jouit hélas pas du même contexte économique que Maurice mais à mon sens, ne devrait pas céder aux sirènes de l’humanitaire. Il existe des malgaches qui veulent s’investir dans leur pays, dans leur éducation, dans leur autonomie et c’est ces initiatives, ces bénévoles, ces travailleurs humbles qu’il faut soutenir. Certes, la pécune aide mais c’est d’autres moyens dont les malgaches ont besoin.

Ici, l’empowerment, notion à laquelle j’avais été exposée en Australie lors de mes études, est la clé. D’après quelques dires glanés, la confiance en soi n’étouffe pas les malgaches et je revois les mêmes schémas post-coloniaux se redessiner toujours et encore…

 

Lectures

 

Nous avons fait un tour à l’Alliance française et j’ai pris « Géotropiques » de Johary Ravaloson et « Mémoires d’un porc-épic » d’Alain Mabanckou.

J’ai pris « Géotropiques » à cause du nom de son auteur, dont j’avais déjà lu une nouvelle dans « Chroniques de Madagascar ». C’est assez étrange car j’ai pris ce livre sans vraiment lire son résumé et il s’avère que l’auteur parle de la Réunion, du milieu du surf réunionnais et des attaques de requin. Et ce weekend, j’avais appris qu’un squale avait à nouveau frappé du côté de Boucan, dans les eaux réunionnaises.

Mais ce livre parle d’autres choses encore plus intéressantes que je vous laisse découvrir. Il confirme mon idée que les îles de l’océan indien se font et sont des échos, se répondent les unes aux autres et comme je le disais précédemment, nous sommes tous cousins dans cet océan. Nous pouvons être très différents mais les mouvements, les histoires, l’Histoire, nous lient.

Ce saut à l’Alliance française était, il faut bien l’avouer, une bouffée d’oxygène. Le quotidien n’est tout de même pas facile. Côtoyer tous les jours des situations, des visions de détresse, de misère, n’est pas facile. Certes, nous avons un statut privilégié mais les sentiments d’impuissance, de frustration et d’injustice corrodent.

L’image d’enfants des rues buvant de l’eau à même le caniveau un matin sur le chemin du travail reste. L’insoutenable ne peut être la routine. J’essaie de ne le transformer en carburant pour tenter _bien modestement_ d’accomplir, de réaliser.

 

Enfin réunis

 

 

Mon compagnon va enfin pouvoir venir habiter avec nous à la fin du mois de septembre. C’est difficile d’être éloignés lorsque nous étions partis à deux pour vivre cette aventure. Il prendra donc le taxi-be le matin et sera dans le bon sens car rares sont ceux qui vont à Itaosy le matin et rentrent sur la ville le soir.

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Commentaires : 4
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